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Kenya : les braconniers bientôt passibles de la peine de mort

Un employé de la réserve d'Ol Pejeta, au Kenya, le 20 mars 2018, à côté de l'une des deux femelles rhinocéros blanc du Nord au monde encore en vie.
Un employé de la réserve d'Ol Pejeta, au Kenya, le 20 mars 2018, à côté de l'une des deux femelles rhinocéros blanc du Nord au monde encore en vie. Tony Karumba, AFP

Le ministre du Tourisme et de la Nature du Kenya a annoncé que les braconniers pourraient bientôt risquer la peine de mort, alors que deux rhinocéros et un éléphanteau ont été tués dans le Parc national de Meru au début du mois.

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Le braconnage a beau être en baisse au Kenya, le gouvernement compte durcir encore sa législation, en rendant la peine de mort possible pour les braconniers, selon l’agence de presse chinoise Xinhua.

"Nous avons le Wildlife Conservation Act qui a été promulgué en 2013 et qui fait risquer une peine de prison à vie ou une amende de 200 000 dollars aux criminels. Mais cela n’a pas été suffisamment dissuasif pour enrayer le braconnage", a déclaré Najib Balala, ministre du Tourisme et de la Nature kényan, pour justifier sa décision.

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Le Kenya est connu pour héberger de nombreuses espèces animales dans de grands parcs nationaux et la question du braconnage et du bien-être des animaux sauvages y est sensible. La mort de Sudan, le dernier rhinocéros mâle blanc du Nord au monde, fin mars, avait particulièrement marqué les esprits. C’est d’ailleurs depuis la réserve d’Ol Pejeta, où Sudan vivait, et à l’occasion du lancement de timbres à son effigie que le ministre a fait son annonce.

50 000 dollars le kilogramme de corne de rhinocéros

Le marché est particulièrement lucratif. Les cornes de rhinocéros, notamment, se vendent en effet entre 50 000 et 70 000 dollars le kilo, soit davantage que l’or ou la cocaïne.

Le Kenya possédait, selon Reuters, 20 000 rhinocéros dans les années 1970, environ 400 dans les années 1990, mais 650 aujourd’hui. La législation de 2013 a permis de réduire le braconnage des rhinocéros de 85 % et des éléphants de 78 % en quatre ans, a précisé Najib Balala. Mais les chiffres sont toujours trop élevés, juge-t-il. En 2017, 9 rhinocéros et 69 éléphants ont ainsi été tués.

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L’annonce a toutefois surpris dans un pays où la peine de mort est de moins en moins appliquée. Si des condamnations sont toujours prononcées, la dernière exécution d’une peine de mort remonte à 1987. De même, le président Kibaki a commué en 2009 la peine de mort de 4 000 prisonniers en peine de prison à vie, tandis que le président Kenyatta a fait de même en 2016 pour 2 747 condamnés à mort.

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