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Afrique

RD Congo : les attaques armées forcent le parc des Virunga à fermer ses portes

© Phil Moore, AFP | Patrick Karabaranga, gariden du parc national des Virunga, avec un gorille des montagnes orphelin, le 17 juillet 2012.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 18/05/2018

L’Institut congolais chargé des parcs nationaux a fermé le 14 mai le parc des Virunga jusqu'au 4 juin. Il doit enquêter sur le rapt non revendiqué de deux touristes britanniques et mettre en place de nouvelles mesures de protection des visiteurs.

Le directoire du parc national des Virunga a décidé, lundi 14 mai, d’y interdire pour trois semaines l'accès aux touristes. "La sécurité de nos hôtes est de la plus haute importance", relève l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), l’établissement public en charge des parcs nationaux en République démocratique du Congo.

La décision fait suite à une recrudescence des attaques de miliciens dans le plus ancien parc national d’Afrique, très riche en faune et en flore, dans l’est du pays. Le 11 mai, un véhicule de l’ICCN a été intercepté par des hommes armés, qui ont abattu une ranger du parc de 25 ans avant d'enlever le chauffeur et ses deux passagers, des touristes britanniques. Les trois captifs, qui revenaient vers la capitale provinciale Goma après un trek pour voir les gorilles des montagnes, ont été libérés dimanche dans des conditions encore floues. "La suspension des activités touristiques jusqu’au 4 juin est prise comme mesure de précaution alors qu’une enquête sur les circonstances de l’incident sécuritaire est en cours", relève l’institut dans un communiqué.

>> À lire : en RD Congo, cinq provinces frappées par une crise humanitaire dramatique

L’ICCN, selon son directeur de la communication Joël Wengamulay, entend utiliser le temps de fermeture pour mettre en place des mesures de protection renforcées pour les visiteurs. "Nous préférons perdre de l’argent que la vie d’un touriste", affirme le responsable.

Fréquentation touristique en hausse

Une partie du parc est réservée à l’observation des gorilles de montagnes, en danger critique d’extinction, et à la visite du volcan actif Nyiragongo, quasiment unique au monde pour son lac de lave active. Elle est censée être sécurisée depuis la mise en place, en 2007, d’un partenariat entre l’ICCN et les donateurs internationaux, au premier rang desquels l’Union européenne et la fondation Howard Buffett.

Avec la relance des activités touristiques en 2014, plus de 17 000 personnes, principalement étrangères, ont visité le parc depuis Goma, sous escorte armée. La fréquentation avait augmenté dès 2017 après que le Rwanda voisin, qui accueille avec l’Ouganda et la RD Congo les derniers gorilles des montagnes, eut décidé de facturer le permis de visite des primates à 1 500 dollars, contre 400 dollars dans les Virunga congolais.

Mais les quelque 800 gardes du parc des Virunga font face à une multiplication des agressions depuis quelques mois. Début avril, cinq rangers et un chauffeur ont été tués dans une embuscade dans le centre du parc. L’attaque, attribuée par l’ICCN à un groupe de milices d’autodéfense Maï Maï, présentes en masse dans la région, est la pire de l’histoire du parc, où plus de 170 gardes sont morts pour protéger les animaux en 20 ans. Le 1er mai, au moins quatre autres personnes ont été tuées dans une attaque contre un convoi de véhicules de commerçants, attribuée au groupe rebelle des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), présent depuis 20 ans dans la partie centrale du parc. Les accrochages sont aussi fréquents avec les braconniers et les trafiquants en tous genres, attirés par la biodiversité exceptionnelle du parc.

Près de 2 000 miliciens dans le parx

Selon RFI, les FDLR ont menacé récemment l’ICCN, qui a entrepris de lutter contre la reprise de l’abattage intensif illégal d’arbres et le trafic du "makala", le charbon de bois. Son commerce permet aux groupes armés de s’enrichir, et aux populations locales de faire la cuisine et se chauffer. Les projets locaux d’amélioration des infrastructures, notamment pour l’accès à l’électricité, et de création d’emploi n’ont pas permis d’endiguer le trafic, également important dans le nord du parc, maquis pour les rebelles ougandais des ADF.

D'après Emmanuel de Mérode, aristocrate belge et directeur du parc, les divers groupes essaimant dans le parc, issus des multiples foyers de tension qui minent la région depuis la fin de la guerre civile de 2003, représentent entre 1 500 et 2 000 miliciens, sur une surface de plus de 5 000 km² de savane, forêt et montagnes : "Les revenus du trafic ont été estimés l’année dernière à plus de 170 millions de dollars [144 millions d'euros], dont les diverses milices ont récupéré près de 47 millions de dollars [40 millions d'euros]. Voilà ce à quoi les rangers doivent faire face. C’est un travail très difficile."

Première publication : 18/05/2018

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