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FRANCE

La présidente voilée de l’Unef répond à la polémique : "Mon voile n'a aucune fonction politique"

© Capture d'écran Buzzfeed | La présidente du syndicat étudiant Unef à Paris IV-Sorbonne, Maryam Pougetoux.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 20/05/2018

Attaquée depuis son intervention télévisée, coiffée d'un hijab, la présidente du syndicat étudiant Unef à la Sorbonne, Maryam Pougetoux, a répondu aux critiques et expliqué son choix de porter le voile dans un entretien accordé dimanche à Buzzfeed.

Tout est parti d’une interview au journal télévisé de la chaine M6 diffusée samedi 12 mai. La présidente du syndicat étudiant Unef à Paris IV-Sorbonne, Maryam Pougetoux, répondait aux questions d’un journaliste à propos de la réforme de la sélection à l’université. Son syndicat, marqué à gauche, s’y oppose, mais ce n’est pas son argumentaire qui va retenir l’attention. La jeune femme de 19 ans, étudiante en Lettres et métiers de l’édition, apparaît voilée. Elle porte un hijab qui lui couvre le front, les oreilles et le cou.

Ces images ravivent le débat sur la laïcité et provoque une polémique est immédiate. Des internautes, anonymes ou non, s’indigent sur les réseaux sociaux, certains insultent la responsable syndicale tandis que d’autres divulguent son numéro de téléphone sur internet. Certains membres du gouvernement ont également vivement réagi.

>> À voir : Mai 68, moment clé de l’émancipation féminine ?

Si Maryam Pougetoux était restée silencieuse jusque-là, elle a accordé dimanche 20 mai une interview au site d’information Buzzfeed. Cette arrière-petite-fille de résistants se défend longuement et sereinement sur son voile.

Elle réagit notamment aux propos du ministère de l’Intérieur Gérard Collomb qui a jugé "choquant" que la dirigeante de l'Unef à Paris porte un voile islamique et a dénoncé une forme de "prosélytisme".

"C'est assez pathétique de la part d'un ministre de l'Intérieur d'avoir de tels propos, aussi violents. Sachant que mon voile n'a aucune fonction politique. C'est ma foi. Après oui, c'est visible, mais ce n'est pas pour autant du prosélytisme. Je dois presque me justifier de mon choix alors que je ne devrais pas", estime Maryam Pougetoux.

>> À lire : Élan de solidarité international pour le combat des Iraniennes contre le port du voile

La jeune militante explique porter le voile "par choix, par conviction religieuse, mais dans le respect de la loi, dans le respect d'autrui, donc à partir de ce moment-là, le débat ne devrait même pas se poser".

Maryam Pougetoux répond également à Marlène Schiappa. La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes avait expliqué considérer le voile comme l’expression "d'un islam politique". Ce à quoi la jeune militante rétorque : "Ce n'est absolument pas le cas. On lui donne une signification que moi-même je ne lui donne pas. Je pense qu'il faut démystifier cette question-là. Derrière ‘islam politique’, on met un peu tout et n'importe quoi. Et c'est malheureux car on me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. À aucun moment je n'ai mis mon voile par volonté politique ou réactionnaire. Absolument pas."

L’étudiante déplore aussi l’incompatibilité supposée entre le port du voile, le laïcisme et le féminisme : "Moi, je vis dans la société actuelle. Lorsque je défends des étudiantes ou des étudiants, je ne me pose pas la question de leur couleur de peau, de leur orientation sexuelle, de leur philosophie de vie... " Plus loin : "Je défends toutes les femmes, qu'elles veuillent le porter ou qu'elles ne veuillent pas le porter, qu'elles soient musulmanes ou non musulmanes. Il n'y a pas un seul féminisme, il y en a des différends, divers et variés", dit-elle.

De cette polémique, elle espère désormais une prise de conscience, "que des gens puissent se dire qu'il est possible d'être une femme, une citoyenne française, d'être musulmane, voilée, étudiante et de s'engager pour les autres". Soutenue par l’Unef, qu’elle n’a jamais songé à quitter malgré les attaques, elle compte poursuivre le militantisme et travailler dans l’humanitaire après ses études.

Première publication : 20/05/2018

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