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EUROPE

L'Italie doit présenter son futur gouvernement eurosceptique

© AFP | Les chefs de files du Mouvement 5 étoiles Luigi DI Maio (g) et de la Ligue Matteo Salvini (d).

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/05/2018

Le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite) doivent présenter lundi au président Sergio Mattarella, et à tout le pays, leur choix de chef du futur gouvernement populiste.

Deux mois et demi après les élections législatives en Italie, l’alliance populiste composée du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue doit présenter, lundi 21 mai, son choix de chef du futur gouvernement au président Sergio Mattarella.

Les deux jeunes chefs de file, Luigi Di Maio (M5S), 31 ans, et Matteo Salvini (Ligue), 45 ans, ont conclu et fait valider par plus de 90 % de leurs troupes un programme commun qui promet une politique de croissance plutôt que d'austérité pour combler les déficits, un abaissement de l'âge de la retraite, la fermeté contre la corruption et un tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam.

>> À lire sur France 24 : le programme économique du futur gouvernement italien fait peur à l'Europe

Les deux hommes rêvaient de diriger le premier gouvernement antisystème d'un pays fondateur de l'Union européenne. Mais une lutte d'égos et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.

Selon la presse italienne, ils devraient néanmoins se réserver des maroquins de choix : le ministère de l'Intérieur pour Matteo Salvini et un grand ministère du Développement économique, incluant le Travail, pour Luigi Di Maio.

"Nous nous sommes mis d'accord sur le chef et les ministres du gouvernement, et nous espérons que personne ne mettra de veto sur un choix qui représente la volonté de la majorité des Italiens", a assuré dimanche le leader de la Ligue.

Giuseppe Conte favori

Selon la Constitution italienne, c'est le président de la République, Sergio Mattarella, qui a seul le pouvoir de désigner le prochain chef du gouvernement puis, sur proposition de ce dernier, de nommer ses ministres.

La presse parie sur Giuseppe Conte, 54 ans, un juriste qui enseigne le droit privé à Florence et à Rome, spécialiste de la justice administrative. Quasi inconnu en Italie, il a un curriculum vitae à rallonges après être passé par de prestigieuses universités étrangères (Yale, Cambridge, La Sorbonne).

Le nom d'Andrea Roventini, 41 ans, un jeune économiste enseignant à l'université de Pise, est également cité. Tout comme celui de Paolo Savona, 81 ans, ministre de l'Industrie en 1993-1994 et qui s'est toujours opposé au traité de Maastricht, présenté comme le début de la dérive de l'Union européenne dans le programme commun des deux partis.

>> À lire sur France 24 : la victoire des eurosceptiques en Italie, un scénario cauchemardesque pour Bruxelles

Sergio Mattarella devrait examiner aussi lundi le "contrat de gouvernement" signé par le M5S et la Ligue. La version finale du programme a gommé des mesures choc apparues dans des versions préliminaires, comme une éventuelle sortie de l'euro ou l'effacement pur et simple d'une partie de la colossale dette publique.

Étincelles

Selon un sondage publié dimanche dans La Repubblica, six Italiens sur dix se disent favorables à un gouvernement Ligue-M5S. Seuls un quart des électeurs aimeraient que le projet de gouvernement des populistes échoue afin de pouvoir revoter.

Pourtant, la presse italienne a décortiqué ces derniers jours les propositions phares des populistes sur un ton alarmiste, additionnant les dizaines de milliards d'euros que les promesses risquent de coûter.

Et la revendication de flexibilité financière formulée par le programme commun promet de faire des étincelles au sein de l'UE.

Durant le week-end, Luigi Di Maio a ainsi annoncé unilatéralement le blocage de l'énorme chantier de la ligne ferroviaire Lyon-Turin (8,6 milliards d'euros) et Matteo Salvini a qualifié d'"inacceptables" les avertissements du ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, qui se disait inquiet pour la stabilité de la zone euro.

Avec AFP

Première publication : 21/05/2018

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