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Venezuela : le sortant Nicolás Maduro remporte la présidentielle, l'abstention au plus haut

Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et sa femme le 20 mai 2018, après l'annonce de sa victoire à la présidentielle.
Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et sa femme le 20 mai 2018, après l'annonce de sa victoire à la présidentielle. Juan Barreto, AFP

Le chef de l'État sortant du Venezuela Nicolás Maduro a remporté dimanche la présidentielle avec près de 70 % des suffrages, a déclaré la commission électorale. Son principal adversaire, Henri Falcon, a rejeté ce scrutin qu'il juge illégitime.

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Le président sortant du Venezuela Nicolás Maduro a été déclaré dimanche 20 mai vainqueur de l'élection présidentielle par l'autorité électorale, avec près de 70 % des suffrages, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Le président socialiste sortant remporte 67,7 % des voix, contre 21,2 % à son principal adversaire Henri Falcon, a annoncé la présidente du Conseil national électoral (CNE) Tibisay Lucena, faisant état d'une "tendance irréversible".

Portrait de Nicolás Maduro

Nicolas Maduro a obtenu 5,8 millions de voix, contre 1,8 million pour Henri Falcon, a annoncé la commission électorale. Le taux de participation a été de 46,1 %. "Il s'agit d'une abstention historique pour un scrutin de cette importance", estime Roméo Langlois, l'envoyé spécial de France 24 sur place, qui analyse : "il n'y a pas eu d'enthousiasme pour un scrutin couru d'avance". En 2015, lors de la précédente élection présidentielle, le taux de participation avait été de 80 %.

Une abstention historique pour un scrutin de cette importance

Henri Falcon dénonce des irrégularités

Henri Falcon a rejeté ce scrutin, faute de "légitimité", et exigé la tenue d'une nouvelle élection avant la fin de l'année. "Nous ne reconnaissons pas ce processus électoral, pour nous, il n'y a pas eu d'élection. Une nouvelle élection doit être organisée au Venezuela", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, accusant le gouvernement d'avoir fait pression sur les électeurs. Le troisième candidat à l'élection, le pasteur évangélique Javier Bertucci, s'est joint ensuite à cette demande.

Henri Falcon : ""Nous ne reconnaissons pas la légitimité de ce processus électoral"

Henri Falcon a pointé du doigt les "points rouges", ces tentes installées par le PSUV, le parti au pouvoir. Après avoir voté, les électeurs sont venus s'y inscrire dimanche dans l'espoir de recevoir la récompense promise par le président. "12 711 points rouges ont été installés à travers le pays [...] Là, présume-t-on, ils ont reçu un virement de 10 millions de bolivars (après avoir voté). Ce qui représente 87,6 % des 14 000 bureaux de vote", a ajouté l’opposant, dénonçant la prolongation des horaires des lieux de scrutin et l'expulsion de ses observateurs dans certains d'entre eux.

>> À lire aussi : Nicolás Maduro, le survivant de la crise vénézuélienne

Ce chaviste dissident de 56 ans s'est présenté après avoir quitté la coalition d'opposition (MUD), qui boycotte le scrutin depuis des mois. La majeure partie de l'opposition décrit ce scrutin comme le "couronnement" d'un dictateur, alors que les deux principaux rivaux de Nicolas Maduro ont été déclarés inéligibles.

Nicolas Maduro, 55 ans, assure quant à lui faire face à un complot "impérialiste" dont l'enjeu serait les ressources pétrolières vénézuéliennes. Ses détracteurs, qui se disent victimes d'une campagne de répression politique, le tiennent pour seul responsable de la ruine économique d'un pays autrefois florissant.

La réélection du dirigeant socialiste risque en tout cas de se traduire par un alourdissement des sanctions internationales. Les États-Unis ont annoncé dimanche qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat de l'élection et ont menacé d'instaurer des sanctions pétrolières au Venezuela.

Avec AFP et Reuters

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