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Agriculture: entre "esprit de conquête" et "déception", les débats lancés à l'Assemblée

© AFP | Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert et la préfète Nicole Klein à la préfecture de Nantes, le 14 mai 2018

PARIS (AFP) - 

Entre l'"esprit de conquête" de la majorité et la "déception" des oppositions, le projet de loi sur l'agriculture a entamé mardi huit jours de débats au long cours à l'Assemblée, allant du prix payé aux agriculteurs à l'alimentation et au bien-être animal.

Après les quatre mois d'Etats généraux de l'alimentation, le texte est "équilibré" et "bien éloigné des visions parfois folkloriques" de l'agriculture, a affirmé le ministre Stéphane Travert (ex-PS) en ouverture, vantant "un changement de paradigme", notamment pour rendre l'"esprit de conquête" à l'agriculture.

Député de la Creuse et éleveur, le rapporteur Jean-Baptiste Moreau vante un texte "ambitieux" face aux "réalités du terrain", voire une "agrirévolution".

Objet d'une intense mobilisation des députés et lobbies, le projet de loi a suscité plus de 2.300 amendements. Et le temps programmé des débats, "tronqués" selon certains groupes ou non inscrits, a été encore allongé sur demande LR: l'Assemblée siègera, week-end compris, jusqu'au vote mercredi prochain.

Premier volet: mieux rémunérer les agriculteurs dans un contexte de "guerre des prix" dans l'agroalimentaire.

"Un agriculteur sur deux gagne moins de 350 euros par mois" et "un agriculteur se suicide tous les 3 jours", a souligné Richard Ramos (MoDem), observant "le fossé que la grande distribution a largement creusé entre agriculteurs et consommateurs".

Son groupe salue des "avancées réelles" sur les relations commerciales, UAI "une opportunité forte".

Si "tout le monde partage l'objectif", selon le rapporteur, les réponses ne font pas l'unanimité.

Les LR, tels leur président et ex-responsable syndical agricole Christian Jacob, épinglent une loi qui "n'accouchera pas de grand-chose", sans "garde-fous" sur la fixation des prix, et envisagent un vote contre.

- "Cul entre deux chaises" -

A l'unisson de certaines organisations agricoles, FNSEA en tête, pour qui "l'attente est immense", ils jugent le texte pas à la hauteur sur "les charges" et "le poids des normes". "Rien sur la PAC", le foncier, les accords de libre-échange, critiquent aussi ses orateurs, comme Arnaud Viala.

"Nous sommes tous, d'une façon ou d'une autre, des filles et fils de paysans. Montrons-leur que l'amour que nous leur portons n'est pas que dans le pré", a glissé Julien Dive.

Et "s'il y a du bon dans cette loi", a jugé mardi Michel-Edouard Leclerc sur son blog, "il y a de l'enfumage" pour "regonfler les marges de certains distributeurs". Le rapporteur a fustigé sur Twitter "mauvaise foi" et "stratégie: diviser les et monter les contre eux".

A gauche, les socialistes, comptant l'ex-ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, affichent leur "déception" devant un volontarisme "trop peu affirmé". "On attendait la marche en avant, on se retrouve avec un pas de côté", selon Guillaume Garot, ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire, dont le groupe entend "donner de la chair".

Pour les communistes, ce texte, "corseté par son idéologie libérale", "de loin, c'est quelque chose, de près, ce n'est rien". "Vous avez manqué de courage" en évitant "l'affrontement contre la grande distribution", a reproché leur président André Chassaigne.

L'Insoumis François Ruffin a critiqué "une loi famélique" et une majorité "le cul entre deux chaises" qui "tente de réguler un peu et signe le Ceta, les accords avec le Mercosur, le Mexique".

Le second volet, axé sur une alimentation plus saine et durable et un respect du bien-être animal, promet des débats "plus musclés", a anticipé le rapporteur, s'attendant à ce que LR "nous présente en vilains écolos bobos".

Il y aura des "oppositions internes" par "conviction personnelle" chez LR, socialistes, "chez nous aussi", selon lui.

Le chef de file MoDem Marc Fesneau a appelé devant la presse à ne pas "braquer" le monde agricole sur "des situations où il n'y a pas de solution même technique", Nicolas Turquois, agriculteur, avertissant contre une loi "trop bobo".

Des élus de plusieurs groupes, y compris certains Marcheurs comme Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, espèrent néanmoins "de nouvelles avancées", dont une "programmation raisonnée de la fin du glyphosate" gravée dans la loi.

Le bien-être animal, auquel le ministre s'est dit "particulièrement attentif", promet aussi d'agiter l'hémicycle.

"On a été tous abreuvés dans nos boîtes mails" par des associations comme L214 mais "il faut raison garder", a lancé Marc Fesneau. Au lendemain d'un appel de Brigitte Bardot entre autres pour la vidéosurveillance dans les abattoirs, l'UAI Thierry Benoît a ironisé sur la "retraitée de Saint-Tropez" là où Olivier Falorni (non inscrit) a défendu la vidéosurveillance, "promesse électorale d'Emmanuel Macron".

parl-ic-chl/cam

© 2018 AFP