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Roland-Garros opère enfin sa mue sans gigantisme

© AFP/Archives | Vue aérienne du complexe de Roland-Garros, avec le court central, les courts annexes et les Serres d'Auteuil, le 14 juillet 2016

PARIS (AFP) - 

Seize ans que l'on parle de l'extension de Roland-Garros! Après une longue attente et de nombreux obstacles écartés, le stade opère enfin sa mue avec le pari osé de rester attractif tout en demeurant le plus petit des tournois du Grand Chelem.

Le chantier ne sera terminé qu'en 2021 mais les spectateurs peuvent déjà voir les contours de son nouveau visage. "Il était temps qu'ils donnent un coup de frais. Cela commençait à devenir un peu vétuste", estime Jordan Sacksick, 24 ans, un passionné de tennis croisé lundi lors des qualifications, qui juge le site "plus aéré".

Le manque d'espace est depuis longtemps le point noir de Roland-Garros et le "danger d'asphyxie" avait été pointé dès 2007 par Christian Bîmes, alors président de la Fédération française de tennis (FFT). C'est sous son impulsion, cinq ans plus tôt, qu'un premier projet, abandonné, avait été initié en lien avec la candidature parisienne pour l'organisation des JO-2012.

Seize ans et deux présidents plus tard, l'agrandissement est en ordre de marche avec d'un côté, le réaménagement du secteur du "Fonds des princes" et de l'autre, l'annexion d'une partie des Serres d'Auteuil. A l'ouest donc, du nouveau avec le court N.18 - renommé à terme N.14 - équipé de 2.200 places et construit à l'emplacement d'un ancien gymnase de la ville de Paris.

Près du court central Philippe-Chatrier (15.000 pl.), deux autres terrains, le N.7 (1.500 places) et le N.9 (550 pl.) jouxtent le nouveau bâtiment de l'organisation, ses façades gris platine, ses jardins suspendus et son "Village", espace dédié au business.

A l'est, dans le secteur des Serres, deux bâtiments en meulière, édifiés à la fin du 19e siècle, ont été récupérés et rénovés. C'est dans l'un d'eux, l'Orangerie, que se tiendra le tirage au sort jeudi soir.

Non loin, le chantier du court semi-enterré Simonne-Mathieu (5.000 pl.), du nom d'une ancienne championne, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, touche presque à sa fin et sera opérationnel en 2019.

"C'est l'un des symboles du nouveau Roland-Garros. Il va permettre au tournoi de respirer et d'y faire rentrer la nature et le jardin", affirme Gilles Jourdan, responsable des travaux.

- Un toit sur le "Central" en 2020 -

Ce court avait cristallisé l'hostilité des défenseurs du patrimoine qui ont ferraillé pendant six ans avec la FFT pour faire annuler le projet d'utilisation des serres.

L'an passé, le dernier recours a été écarté. Les travaux, d'un montant estimé à 358 millions d'euros, ont pu se poursuivre. Ils ne s'achèveront pas avant 2021, un an après la pose du fameux toit rétractable sur le "Central", autre symbole de la modernisation.

C'est grâce à lui que les organisateurs pourront instaurer des sessions de soirée ("night session"). Celles-ci devraient permettre de générer de 100.000 à 150.000 billets supplémentaires.

En passant d'une superficie de 8,5 à 12,5 hectares, le site de Roland-Garros, qui fête ses 90 ans, restera néanmoins derrière ses rivaux de Wimbledon (17,7 hectares), de l'US Open (18,8 ha) et de l'Open d'Australie (20 ha), qui auront tous bientôt au moins deux courts équipés d'un toit (déjà trois à Melbourne).

"On ne cherche pas à se bagarrer pour être le plus grand ou à faire dans la quantité mais plutôt dans la qualité", souligne Christophe Fagniez, directeur général délégué à la FFT, qui veut miser sur la "French touch".

- Le refus d'une délocalisation -

Une délocalisation en banlieue aurait cependant permis à Roland-Garros de devenir un géant et comptait quelques partisans, notamment l'ancienne N.1 mondiale Amélie Mauresmo.

Mais cette solution, envisagée un temps, avait été abandonnée en 2011. Et ce, alors que le rapport Douillet soulignait en 2010 le "risque d'être insuffisamment ambitieux pour assurer le développement à long terme du tournoi", en restant à Paris.

Le sociologue Bertrand Pulman, auteur d'un ouvrage sur Roland-Garros, "Rouge est la terre" (Calmann-Lévy, 2013), fait part de son scepticisme. "Je comprends leur choix. Roland-Garros, c'est une espèce de cathédrale ultime de la terre battue. Ils n'ont pas eu envie de se déplacer. Mais j'ai peur qu'à terme, ils butent de nouveau sur des problèmes de surface."

Selon lui, la question pourrait se reposer dans "dix ou quinze ans".

© 2018 AFP