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Le Venezuela isolé sur le continent américain après la réélection de Maduro

Le président vénézuélien Nicolas Maduro après l'annonce des résultats de la présidentielle, le 20 mai 2018, à Caracas.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro après l'annonce des résultats de la présidentielle, le 20 mai 2018, à Caracas. Juan Barreto, AFP

Les États-Unis, l'Argentine, le Canada, le Chili et le Mexique ne reconnaissent pas les résultats de la présidentielle de dimanche au Venezuela. Washington a pris de nouvelles sanctions contre le régime de Nicolas Maduro.

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Les États-Unis ont infligé, lundi 22 mai, de nouvelles sanctions financières au Venezuela, au lendemain de la réélection contestée du président socialiste Nicolas Maduro.

Le président américain Donald Trump a signé un décret, dont la portée était dans un premier temps difficile à évaluer, visant à réduire la capacité du régime de Caracas à vendre ses actifs. Son vice-président, Mike Pence, a qualifié le scrutin de "farce".

En revanche, le président russe Vladimir Poutine a félicité Nicolas Maduro, lui souhaitant "une bonne santé et le succès dans la résolution des défis sociaux et économiques auxquels fait face le pays". Cuba a également applaudi la "large victoire" du dirigeant vénézuélien, l'assurant de son soutien.

Dans une série de tweets, le président réélu a remercié "Vladimir Poutine pour sa reconnaissance de notre triomphe", "le président de la République de Chine Xi Jinping pour son message d'appréciation de la grande victoire" ainsi que les dirigeants de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, et du Nicaragua, Daniel Ortega.

>> À lire : Nicolás Maduro, le survivant de la crise vénézuélienne

Les ambassadeurs rappelés

Lors d'un scrutin critiqué par la communauté internationale et boycotté par l'opposition qui dénonçait une "supercherie", Nicolas Maduro, 55 ans, a obtenu 68 % des voix contre 21,2 % à son principal adversaire Henri Falcon, 56 ans. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans "légitimité" et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l'année.

Les résultats annoncés ont été rejetés par le Chili, le Panama, le Costa Rica. Les 14 pays du Groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, ont annoncé lundi le rappel de leurs ambassadeurs du Venezuela au lendemain de ce scrutin et vont "coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n'octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela".

En marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, lundi à Buenos Aires, le chef de la diplomatie argentine Jorge Faurie a lu une déclaration commune soulignant "le manque de légitimité du processus électoral vénézuélien".

"Autorité illégitime"

"Nos pays ne reconnaissent pas les résultats, car [le scrutin] a été convoqué par une autorité illégitime, l'Assemblée nationale constituante, excluant la participation d'acteurs politiques et qu'il n'y a pas eu d'observateurs internationaux le déclarant libre, juste, indépendant et démocratique", a-t-il déclaré.

Luis Almagro, le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), a traité Nicolas Maduro de "dictateur" qui "a essayé – sans succès – de donner à son régime totalitaire des habits démocratiques" et dit que l'OEA continuera à "lutter pour des sanctions plus sévères contre le régime".

La quasi-totalité des responsables gouvernementaux, y compris Nicolas Maduro, sont visés par des sanctions de l'UE ou de Washington.

Les États-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé d'un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne. En novembre 2017, le Venezuela et sa compagnie pétrolière nationale PDVSA ont été déclarés en défaut partiel par plusieurs agences de notation.

Touché par l'effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96 % de ses revenus du pétrole, souffre d'un manque de devises qui l'a plongé dans une crise aiguë. En cinq ans, le PIB a fondu de 45 % selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15 % en 2018 et une inflation de 13 800 %. La production de pétrole est au plus bas depuis 30 ans.

Avec AFP

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