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Asie - pacifique

Nipah, le virus qui affole l'Inde

© Sam Panthaky, AFP | La chauve-souris est l'hôte naturel du virus Nipah

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/05/2018

Dix personnes sont décédées en moins de deux semaines en Inde du virus Nipah. Moins connu qu’Ebola, il a pourtant un taux de mortalité équivalent et fait partie des candidats les plus dangereux pour une prochaine épidémie majeure, d’après l’OMS.

Dix morts en moins de deux semaines, une centaine de personnes placées en quarantaine et des villages isolées du reste du monde. La région du Kerala, en Inde, est en alerte depuis l’apparition d’un virus particulièrement virulent : le Nipah.

Peu connu en Europe, il figure pourtant dans le top 10 des maladies susceptibles de créer la prochaine épidémie majeure, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS). “Le virus Nipah a un taux de mortalité similaire à Ebola”, indique Sonia Longhi, spécialiste des macromolécules biologiques au CNRS, contactée par France 24. Il tue, en moyenne, sept patients infectés sur dix et certaines souches, encore plus virulentes, sont mortelles dans 90 % des cas. “Il n’existe ni vaccin, ni traitement et on ne peut, à l’heure actuelle, qu’espérer qu’une personne contaminée ne meurt pas”, reconnaît cette experte.

De la chauve souris à l’homme

Ce virus mortel émergent, qui appartient à la même famille que la rougeole, a été détecté pour la première fois en 1998 en Malaisie, dans le village de Kampung Sungai Nipah, d’où son nom. Il entraîne des encéphalites sévères et peut provoquer des comas mortels.

Il est, en revanche, inoffensif pour son hôte naturel, la chauve-souris, qui peut ensuite contaminer d’autres animaux, avec une préférence marquée pour le porc et le cochon, via ses excrétions (salive, urine). Les premiers cas de transmission à l’homme se sont ainsi produits parmi des éleveurs de porcs en Malaisie et à Singapour.

La chauve-souris est aussi un grand amateur de la sève de palmier. Il suffit alors qu'un homme grimpe à un tel arbre, souillé par un animal porteur, ou qu'il boive de la sève pour être contaminé. C’est ce qui semble s’être produit au Kerala, région qui n’avait jusqu’à présent jamais été concernée par une épidémie de Nipah.

La propagation peut ensuite se faire d’homme à homme. “Il suffit d’entrer en contact avec un fluide infecté”, précise Sonia Longhi. La dernière victime indienne en date, une jeune infirmière de 31 ans, a été contaminée alors qu’elle soignait des patients atteints de la maladie. Elle a été saluée par les autorités du Kerala comme une héroïne qui luttait contre la maladie au péril de sa vie, raconte la BBC.

Plus d’un million de cochons abattus

Depuis son apparition à la fin des années 1990, le virus Nipah a coûté la vie à un peu plus de 250 personnes en Asie. “On peut dire qu’on a de la chance qu’il n’y ait pas eu plus de décès”, estime Sonia Longhi. L’une des raisons au nombre relativement faible de morts vient du fait que ce virus tue assez rapidement. Les premiers symptômes - fièvres, somnolence, nausée ou encore confusion et maux de tête - apparaissent entre 4 et 18 jours après la contamination, et la maladie peut entraîner la mort dans les 48 heures. En raison de cette rapidité "le virus dispose de peu de temps pour contaminer d’autres personnes”, explique la chercheuse française. L’autre frein à une propagation rapide tient aux populations les plus exposées : il s’agit généralement d’éleveurs, vivant en milieu rural, “qui voyagent moins que des hommes d’affaires par exemple”, souligne Sonia Longhi.

Mais les risques de propagation sont, néanmoins, réels. En 1999, plus d’un million de cochons avaient été abattus pour contenir le virus en Malaisie. Le virus Ebola était également cantonné à des zones reculées en Afrique jusqu’en 2014. C'est pourtant au fin fond d'un village de 31 maisons en Guinée, le 26 décembre 2013, qu'a débuté l'épidémie majeure qui a fait au moins 15 000 victimes.

Première publication : 23/05/2018

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