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Découvertes

Yuksek, compositeur de musiques de films : rencontre avec la face B du DJ français

© Joseph Branston/Future Music Magazine via Getty Images

Texte par Louise WESSBECHER

Dernière modification : 24/05/2018

Dans l'ombre de sa carrière de DJ et producteur, Yuksek dessine sa reconversion dans le cinéma. Après plusieurs films, il vient d’être choisi pour composer la musique de la prochaine série documentaire de Netflix sur l’affaire du petit Grégory.

On a tous sans doute déjà dansé en club sur un titre ou un remix de Yuksek, ou d’un des artistes qu’il produit sous son label Partyfine. Mais on sait moins que le DJ originaire de Reims compose aussi des bandes-originales pour le cinéma et la télévision depuis une poignée d’années. De passage au festival de Cannes 2018 pour un set à la Villa Schweppes, on a rencontré Pierre-Alexandre Busson, de son vrai nom, pour parler de musique. Forcément.

VOIR AUSSI : Intelligence artificielle et musique : ce que Spotify fabrique vraiment dans son laboratoire de recherche parisien

Tout commence en 2014, lorsque Yuksek est contacté par la superviseur musical d’une co-production franco-italienne. Alors que le succès des albums "Away from the sea" et "Living on the edge of time" se calme, et les tournées qui vont avec se terminent, le DJ s’essaie à l’exercice de la composition pour "Senza Nessuna Pieta", premier long-métrage du réalisateur romain Michele Alhaique, présenté dans la section Horizons de la Mostra de Venise la même année.

Un champ de liberté infini

"Dans l’idée, c’était quelque chose qui m’intéressait depuis longtemps déjà, sauf que c’est une activité chronophage et on ne peut pas se permettre de faire ça à la légère", raconte Yuksek à Mashable FR. Même s’il garde un souvenir "bizarre" de cette première expérience partagée à distance avec un compositeur italien, le feeling ne trompe pas. 

"Lorsqu’on travaille pour le cinéma, il n’y a aucune limite. Le champ des possibles est complètement ouvert. Ça peut aller d’une composition pour un orchestre symphonique à des trucs complètement ou minimaux à la Cliff Martinez", poursuit-il, avouant ne pas chercher à garder un "style Yuksek" dans ses productions. En 2015 pour la bande originale du film "Marguerite et Julien" de Valérie Donzelli, il s’est par exemple retrouvé à diriger un orchestre classique de 60 musiciens. Avant de mettre en musique une adaptation contemplative du monologue "Une histoire d’âme" d’Ingmar Bergman, avec Sophie Marceau, pour Arte. Et de composer la musique du long-métrage "Loov" de Jerôme Gerlache, au cinéma à l’automne 2018.

Au travail pour Netflix

"Il y a un truc psychologique qui me fait du bien", concède l’artiste de 41 ans. "Quand je fais de la musique pour mes albums, ça me stresse. Mais dans les périodes où je fais des musiques de films, je vais au studio avec le sourire parce que je me sens débarrassé d’un égo paralysant. J’ai juste envie de faire les choses bien, sans norme ni format." Et peu importe si bien souvent, sur les deux à trois mois de travail fournis pour un film, une heure de musique ou plus passe à la trappe au moment du montage. "J’ai toujours commencé à bosser très tôt, dès le scénario. Et même si, de mon expérience, à peu près rien de ce que j’ai fait en amont n’a fini sur la pellicule, il y a un mood qui s’installe. Et je suis content de me mettre dans l’ambiance en même temps que les autres."

D’ailleurs Yuskek commence justement à se glisser dans une nouvelle ambiance pour composer la musique de la toute première série documentaire française de Netflix sur l’une des affaires judiciaires les plus médiatiques de ces 30 dernières années en France : la disparition de Grégory Villemin.

Une reconversion sur le tard

Lui qui cite comme références les bande-originales de Cliff Martinez pour "Traffic" (Steven Soderbergh), Lionel Flairs pour "Les Combattants" (Thomas Cailley) ou "les ambiances 70s de Vladimir Cosma et François de Roubaix" aimerait désormais consacrer davantage de temps au cinéma. "Pour le moment, il n’y pas non plus un projet qui tombe toutes les deux semaines. A part peut-être si tu t’appelles Alexandre Desplat ou Hans Zimmer. Mais j’ai bon espoir que ça prenne plus d’importance dans ma vie", confie Yuksek.

"Autant un mec de 50 ans qui fait du rock, ça peut passer. Mais dans l’électro c’est chaud"

Conscient qu’une carrière de compositeur de films s’établit "assez tard" – "personne ou presque ne sait qu’Alexandre Desplat a commencé il y a 30 ans dans un cinéma d’auteur hyper engagé avec Robert Guédiguian" – Yuksek envisagerait bien cela comme une reconversion, en parallèle de ses activités de producteur, lorsqu’il sera trop vieux pour mixer aux platines des clubs. "Pour le moment ça m’amuse toujours, mais je n’ai plus vingt ans et j’ai besoin de faire autre chose. Autant un mec de 50 ans qui fait du rock, ça peut passer. Mais dans l’électro c’est chaud quand même. Je crois qu’il faut savoir lâcher l’affaire."

D’ici là, qui sait, peut-être que le festival de Cannes se sera décidé à créer un prix récompensant la meilleure musique originale de film comme le font les Oscars et les César…

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 24/05/2018