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Un blogueur algérien condamné à 10 ans de prison ferme pour la publication d'une interview

Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération en janvier 2017.
Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération en janvier 2017. Reporters sans frontières

Merzoug Touati, un blogueur algérien arrêté en janvier 2017 pour avoir publié un entretien avec un diplomate israélien, a été condamné à 10 ans de prison ferme pour espionnage, a annoncé vendredi son avocat.

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Merzoug Touati, 30 ans, un blogueur algérien ayant publié sur internet un entretien avec un diplomate israélien a été condamné jeudi 24 mai à 10 ans de prison ferme pour "intelligence avec une puissance étrangère", a annoncé à l'AFP un de ses avocats, Me Boubakeur Esseddik Hamaïli.

Le tribunal criminel de Béjaïa, situé à 260 kilomètres à l'est d'Alger, a déclaré le blogueur coupable d'avoir entretenu "avec les agents d'une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l'Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels", crime passible de 20 ans de prison. Me Hamaïli, qui avait plaidé l'acquittement, a indiqué qu'il allait s'entretenir dimanche avec son client pour savoir si celui-ci décidait de faire appel.

Merzoug Touati est détenu depuis qu'il a été arrêté à Béjaia en janvier 2017, après avoir appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de finances et diffusé sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération.

"Un procès à charge uniquement"

"Merzoug Touati est un blogueur qui n'a fait qu'exercer ses droits garantis par la Constitution. Il est libre de parler avec qui il veut et de dire ce qu'il veut", a expliqué l'avocat à l'AFP. Merzoug Touati, qui n'a obtenu que des emplois précaires depuis qu'il est diplômé de l'université, "n'a jamais occupé de poste à responsabilité lui donnant accès à des informations qu'il aurait pu communiquer" à une puissance étrangère, a-t-il souligné.

Le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), Said Salhi, qui assistait à l'audience, a dénoncé "un procès à sens unique, à charge uniquement". "Il n'y a pas eu de témoins à décharge, les témoins cités par la défense, on ne les a pas vus", a-t-il expliqué par téléphone à l'AFP, "c'est un dossier disproportionné, avec des accusations très graves par rapport au contenu".

Merzoug Salhi s'est, lui, dit très "déçu" par le verdict : "Dix ans, c'est une peine très lourde", au regard des faits.

Avec AFP

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