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Reporters

"Les bruits couraient qu'il allait y avoir une guerre civile" : Mai 68 vu de l'étranger

France 24

En mai 1968, le mouvement étudiant français ressemble à ceux des pays voisins... jusqu'à ce que la grève générale paralyse le pays. Le Quai d'Orsay reçoit alors de nombreux messages inquiets de ses ambassades à travers le monde. À Paris, des étrangers sont surpris par les événements : un étudiant algérien est happé par l'"esprit de mai" à la Sorbonne, un objecteur de conscience portugais partage le sort des ouvriers de Billancourt et un enseignant américain est frappé par la violence des CRS.

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À l'occasion du cinquantenaire de Mai 68, beaucoup de livres, de rétrospectives et de documentaires sont sortis en France – toujours avec une vision franco-française. Mais comment les autres pays ont-ils perçu ces événements qui ont secoué la France ?

Dans ce documentaire, nous interviewons Tewfik Allal, un étudiant algérien en cinéma, Vasco Martins, un objecteur de conscience portugais, et George Ross un enseignant-chercheur américain qui habite près de l'Odéon, occupé en mai 1968. Nous rencontrons aussi Maurice Vaïsse, un historien qui a dépouillé les archives diplomatiques de l’époque.

L’inquiétude des ambassades

Dans ces télégrammes et dépêches, personne ne s'intéresse aux manifestations étudiantes, qui ressemblent à celles qui agitent l'Italie, les États-Unis et l’Allemagne de l'Ouest. Mais quand le pays est bloqué par 8 millions de grévistes, le Quai d’Orsay reçoit subitement des messages affolés de ses ambassades.

Et les partenaires de la France ne sont pas les seuls à s’inquiéter : les 12 000 travailleurs immigrés chez Renault sont également surpris, pour ne pas dire réticents à la grève.

Le mouvement essaime en Afrique

En mai 68, les idées révolutionnaires sont contagieuses. Au Sénégal, un mouvement de révolte démarre à l’université de Dakar et se propage bientôt dans tout le pays. Maurice Vaïsse, qui enseignait à l’époque au Sénégal, parle même d'"effet de miroir" entre Paris et Dakar.

Dans d’autres pays africains, proches de la France, c'est la panique. Pour preuve, cette lettre du général Bokassa, président de la République centrafricaine, adressée à Charles de Gaulle, en qui il voit "le seul remède" aux troubles en France. Jean-Bedel Bokassa écrit alors : "Le peuple centrafricain tout entier, sous ma haute direction, supplie votre Excellence de garder le pouvoir jusqu'à la fin de son mandat."

France 24 revient sur cette crise qui a ébranlé la place de la France dans le monde.

>> À voir aussi, notre entretien avec Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil : "Être jeune aujourd'hui est plus difficile qu'en Mai 68"

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