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Italie : Giuseppe Conte renonce à former un gouvernement

Le juriste Giuseppe Conte a renoncé à former un gouvernement, dimanche 27 mai.
Le juriste Giuseppe Conte a renoncé à former un gouvernement, dimanche 27 mai. Vincenzo Pinto, AFP

En Italie, le chef du gouvernement désigné Giuseppe Conte a renoncé à former un gouvernement face au refus du chef de l'État de valider le choix de son ministre des Finances. Cette situation ouvre la voie à une crise politique sans précédent.

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Le chef du gouvernement italien désigné, Giuseppe Conte, a jeté l'éponge dimanche 27 mai. Celui qui avait été désigné mercredi par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême droite) pour occuper la fonction de président du Conseil - l'équivalent italien de Premier ministre - a essuyé un refus du président Sergio Mattarella de nommer le ministre des Finances choisi par les populistes.

"J'ai remis le mandat qui m'avait été confié par le président Mattarella pour former le gouvernement du changement", a brièvement déclaré dimanche soir Giuseppe Conte, un juriste de 53 ans, novice en politique et inconnu des Italiens il y a encore une semaine.

>> À lire aussi : Giuseppe Conte, un juriste quasi inconnu pour diriger l'Italie

Giuseppe Conte a présenté dimanche soir la liste des membres de son gouvernement, dont Paolo Savona, un économiste eurosceptique à la tête du ministère de l'Économie et des Finances.

Le chef de l'État a de son côté convoqué lundi Carlo Cottarelli, économiste, ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) pour, selon toute vraisemblance, le charger de former un "gouvernement du président" qui devra avant tout préparer de nouvelles élections.

L'éclairage de notre correspondante, Natalia Mendoza

Le veto du président sur le ministre de l'Économie

Le président Mattarella, un ancien juge à la Cour constitutionnelle et gardien sourcilleux de la Constitution, a refusé de plier devant ce qu'il considérait dès jeudi comme un "diktat" des partis politiques, contraire, selon lui, aux intérêts de l'Italie.

"La désignation du ministre de l'Économie constitue toujours un message immédiat de confiance ou d'alarme pour les opérateurs économiques et financiers", a-t-il expliqué devant la presse. "J'ai demandé pour ce ministère un représentant politique de la majorité cohérent avec l'accord de programme (...) qui ne soit pas vu comme le soutien à une ligne qui pourrait provoquer la sortie inévitable de l'Italie de l'euro", a-t-il ajouté.

Paolo Savona, 81 ans, était ardemment soutenu par le patron de la Ligue, Matteo Salvini, pour le poste de ministre de l'Économie. Ce dernier a d'ailleurs préféré prendre le risque d'ouvrir une crise institutionnelle avec le chef de l'État plutôt que de renoncer à ce choix.

La fermeté du président a immédiatement suscité la fureur de Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, qui a jugé "incompréhensible" le refus du chef de l'État italien. "Alors disons-le clairement qu'il est inutile d'aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes", a-t-il lancé dans un message vidéo, posté sur sa page Facebook. Le leader du Mouvement 5 Étoiles a réclamé la destitution du Sergio Mattarella.

"Nous ne sommes pas une colonie des Allemands ou des Français", a de son côté lâché Matteo Salvini, en pleine ascension dans les sondages, qui ne cachait pas depuis des semaines son impatience de retourner devant les électeurs.

Une nouvelle campagne s'annonce

La campagne électorale, qui n'a jamais réellement pris fin, s'annonce d'ores et déjà très dure. "Il palazzo contre la piazza" (les palais du pouvoir contre la rue) : tel sera, selon certains commentateurs italiens, le leitmotiv d'une campagne qui pourrait durer des mois.

Matteo Salvini a déjà donné le ton dans un meeting dimanche soir : "Si un ministre dérange des pouvoirs forts qui nous ont massacrés, ça signifie que c'est un bon ministre", a-t-il clamé.

"Restez à nos côtés, nous avons des gens contre nous dans les étages supérieurs mais tellement d'autres qui nous soutiennent", a aussi averti Luigi Di Maio devant ses partisans.

Pas de quoi rassurer les marchés financiers qui se sont montrés déjà nerveux la semaine dernière. Vendredi, la Bourse de Milan avait terminé une nouvelle fois en baisse, de 1,54 %. Quant au spread, l'écart entre les taux d'emprunt à dix ans allemand et italien, il avait atteint dans l'après-midi 217 points, son plus haut depuis décembre 2013, avant de finir la journée à 206 points.

Avec AFP

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