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Mali : Ibrahim Boubacar Keïta officialise sa candidature pour la présidentielle de juillet

Le préisent malien Ibrahim Boubacar Keïta lors d'un meeting à Abidjan, le 11 mai 2018.
Le préisent malien Ibrahim Boubacar Keïta lors d'un meeting à Abidjan, le 11 mai 2018. Sia Kambou, AFP

Ibrahim Boubakar Keïta, le président malien, a officialisé lundi sa candidature à l'élection présidentielle de fin juillet. Face à lui, une coalition d'opposition réclame "l'alternance et le changement".

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Ce n’était plus qu’une formalité. Le président malien, Ibrahim Boubakar Keïta, dit "IBK", a officialisé lundi 28 mai au soir sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 29 juillet. Élu en 2013 pour un mandat de cinq ans, le chef de l’État de 73 ans avait été investi candidat début mai par une coalition de près de 70 partis.

IBK mise depuis quelques mois sur son nouveau Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, pour redorer son blason sur le volet sécuritaire et restaurer l’autorité de l’État dans un pays grand comme deux fois la France, dont de larges pans sont sous le contrôle de groupes armés. Depuis sa nomination fin décembre, l’ancien chef des services de renseignement s’est illustré comme un "fonceur", multipliant les visites officielles dans le centre du pays, fréquemment frappé par les groupes jihadistes et déstabilisé par les tensions intercommunautaires.

Pour le porte-parole du gouvernement, Amadou Koïta, le bilan sécuritaire du président sortant est positif : "Quand [IBK] est arrivé au pouvoir en 2013, tous les fondements de l'État malien s'étaient écroulés. Nous avons aujourd'hui une loi de programmation et d'orientation militaire, qui permet la restructuration de notre armée. C'est désormais une armée offensive".

>> À lire : Entre luttes internes et menace terroriste, le Mali reste contraint à l'état d’urgence

"Immense gâchis"

Le président sortant aura face à lui une coalition d’une centaine de partis politiques et associations pour "l’alternance et le changement", qui s’engagent à "mettre fin à l’immense gâchis qu’a été le quinquennat finissant", selon leur manifeste. Le chef de file de l’opposition parlementaire et candidat de la plateforme pour les élections, Soumaïla Cissé, a lancé sa campagne le 12 mai dans le plus grand stade de Bamako, devant quelque 80 000 personnes.

Il fait notamment campagne sur l’incapacité, selon lui, du gouvernement d'IBK à mettre en application l’accord de paix et de réconciliation d’Alger, signé en juin 2015 par des représentants du gouvernement malien, de la médiation internationale et de mouvements armés pour mettre fin aux combats qui secouent le pays. "L’accord de paix n’avance pas, alors que son application était censée se terminer dans les 24 mois après la date de sa signature. Il n’y a pas de vision pour ce pays et pour preuve, nous en sommes au cinquième Premier ministre depuis l’arrivée de ce pouvoir en 2013", affirme le leader de l’Union pour la république et la démocratie (URD) à Jeune Afrique. Il dénonce les déplacements du Premier ministre comme des "visites de faire-valoir, (…), de campagne".

>> Sur RFI : l'interview de Soumaïla Cissé

L’opposant Tiébilé Dramé, candidat malheureux aux présidentielles de 2002 et 2007, sera le directeur de campagne de Soumaïla Cissé, qui a salué le choix de l’opposant : "Vous venez de marquer une page de l’histoire de la démocratie malienne. La vie politique est trop souvent rythmée par des batailles d’ego, des rivalités de personnes, des petits calculs tactiques et des coups bas. Vous venez de montrer à l’ensemble des Maliens que la politique, c’est autre chose", a-t-il annoncé lors du conseil extraordinaire du Parti pour la renaissance nationale (Parena) de Tiébilé Dramé, le 26 mai à Bamako.

Le scrutin aura lieu à la date prévue, assure le gouvernement

Près d’une dizaine de candidats se sont par ailleurs déclarés pour le scrutin du 29 juillet, dont un ancien Premier ministre de d'IBK, Moussa Mara, un de ses anciens ministres, Mohamed Ali Bathily, le maire de Sikasso (sud), Kalifa Sanogo, le richissime homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, l’ancien ministre et militaire Moussa Sinko Coulibaly, ainsi que deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré.

Le gouvernement assure depuis des mois que le vote se déroulera à la date prévue, malgré les reports successifs des précédentes élections programmées depuis 2013, en raison notamment de la menace jihadiste.

Avec AFP

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