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Soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy : Éric Woerth mis en examen

Éric Woerth, député LR, à l'Assemblée nationale, le 27 juin 2017.
Éric Woerth, député LR, à l'Assemblée nationale, le 27 juin 2017. Geoffroy Van der Hasselt, AFP

Éric Woerth a été mis en examen mardi pour "complicité de financement illégal de campagne" dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a annoncé son avocat.

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Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy en mars dernier, c'est au tour d'Éric Woerth, son ancien trésorier de la campagne, d'être sous le coup d'une procédure judiciaire. Cette décision fait suite à des investigations de la police anticorruption, qui avait relevé dans un rapport de septembre 2017 l'"ampleur de la circulation d'espèces" dans l'entourage du candidat de la droite à la présidentielle de 2007.

L'intéressé a réagi sur Twitter pour démentir catégoriquement toute implication "avec cette prétendue 'affaire libyenne'".

"Cette mise en examen se base sur l'identification de sommes en espèces, très faibles, pour ne pas dire dérisoires, au regard du coût d'une campagne présidentielle", a commenté son avocat, Me Jean-Yves Leborgne dans un communiqué à l'AFP.

Selon l'avocat, les enquêteurs reprochent à Éric Woerth le versement d'environ 11 000 euros aux collaborateurs de la campagne, pendant et après l'élection. Lui-même "a estimé de mémoire, 10 ans après les faits, à une trentaine de milliers d'euros les gratifications en espèces opérées après la campagne", ajoute l'avocat, en référence aux déclarations de son client devant les policiers en mai 2017.

Des sommes de 200 à 2 000 euros

Éric Woerth et son trésorier adjoint, Vincent Talvas, avaient alors assuré qu'il s'agissait de récompenser les membres de l'équipe, via des enveloppes contenant de 200 à 2 000 euros.

Sur l'origine des fonds, ils ont soutenu qu'ils provenaient de dons anonymes par courrier ; une explication jugée "captieuse" par les enquêteurs et démentie par d'autres témoignages.

>> À voir, l'infographie : Djouhri vs. Takieddine, la rivalité de deux hommes de l'ombre au cœur de l'affaire libyenne

Cette mise en cause signifie que les juges estiment avoir fait le rapprochement avec les sommes qui, selon d'anciens dignitaires libyens et le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, auraient été remises à Nicolas Sarkozy et à son entourage au nom du colonel Kadhafi.

En novembre 2016, Ziad Takieddine avait affirmé avoir remis, entre fin 2006 et début 2007, 5 millions d'euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à Claude Guéant, son directeur de cabinet à l'époque, lui aussi mis en examen dans cette affaire. "Est-il raisonnable de rapprocher ces faits, sans aucune preuve, des millions d'euros prétendument versés par Kadhafi ?", s'interroge Me Leborgne.

>> À lire aussi : "Financement libyen de la campagne de Sarkozy : qui sont les protagonistes libyens ?"

"Éric Woerth conteste fermement ce raisonnement et s'insurge contre la poursuite dont il fait l'objet", poursuit l'avocat de l'actuel président (LR) de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Avec AFP

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