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Prolongation de l'IVD en Tunisie : "Un geste d'apaisement du gouvernement"

Sihem Ben Sedrine, présidente de l'Instance vérité et dignité (IVD), lors d'une conférence de presse à Tunis, le 25 mai 2018.
Sihem Ben Sedrine, présidente de l'Instance vérité et dignité (IVD), lors d'une conférence de presse à Tunis, le 25 mai 2018. Fethi Belaid, AFP

Le gouvernement tunisien a finalement autorisé vendredi la poursuite des travaux de l'Instance vérité et dignité pour permettre la tenue des procès instruits par l'IVD.

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En Tunisie, les travaux de l’Instance vérité et dignité (IVD) vont finalement se poursuivre encore quelques mois. Chargée de rendre justice aux victimes des dictatures, l’IVD a trouvé un accord avec le gouvernement, vendredi 25 mai, malgré la décision du Parlement prise fin mars de mettre fin à la "commission pour la réconciliation".

L'accord a été trouvé avec le gouvernement, permettant à l'IVD de continuer à travailler après la date butoir du 31 mai, a indiqué la présidente de l'Instance, Sihem Ben Sedrine. Elle a également demandé à la commission d’accélérer ses travaux, les premiers dossiers n'ayant été transmis à la justice qu'en mars. "C'est un geste d'apaisement, qui signifie que le gouvernement est engagé à faire aboutir le processus" a expliqué à l'AFP Sihem Ben Sedrine.

Le gouvernement, de son côté, a précisé qu'il considérerait les travaux de l'IVD légalement clôturés au 31 mai – conformément à la décision du Parlement –, tout en laissant à l'Instance le temps d'effectuer une "passation", afin que "les bourreaux soient traduits en justice, les victimes dédommagées et les rapports" remis aux autorités.

>> A lire : "Tunisie : la fin de l'Instance vérité et dignité, 'un oui à l’impunité' ?"

"Dévoiler la vérité"

Cette nouvelle survient après des semaines de doute et de polémiques sur la prolongation de la commission. Le 27 mars, alors que l'Instance avait adopté sa reconduction jusqu’au 31 décembre 2018 conformément à ses statuts, les parlementaires avaient décidé de ne pas reconduire l’IVD.

Les élus avaient justifié leur vote en le présendant comme un moyen d’unir les Tunisiens, tandis que les partisans de l'Instance voyaient dans cette décision "une entrave au renforcement de la démocratie", comme l'explique Amna Guellali, directrice du bureau tunisien de Human Rights Watch (HRW). La présidente de l’IVD avait alors déclaré "ceux qui défendent la réconciliation nationale sont les mêmes qui ont à perdre si les responsables sécuritaires et politiques étaient traduits en justice". En effet, le parti Nidaa Tounès, majoritaire au Parlement, compte dans ses rangs d'anciens membres du RCD, le parti de Ben Ali.

Créée en 2014 après la chute du dictateur Zine el-Abidine Ben Ali et les troubles postrévolutionnaires qui ont suivi, l'IVD a pour mission de "dévoiler la vérité sur les violations des droits de l'Homme commises entre le 1er juillet 1955 et le 31 décembre 2013". Elle doit recueillir et diffuser des témoignages, renvoyer des responsables présumés de viols, meurtres, tortures ou faits de corruption devant des tribunaux spécialisés, et proposer des mesures pour que ces crimes ne se reproduisent plus. Depuis le début de ses activités, l’IVD a reçu 63 000 dossiers de violations présumées des droits de l’Homme et entendu 49 000 personnes.

Mardi 29 mai, le premier procès instruit par l'IVD se déroule devant la cour spécialisée de Gabès, dans le sud-est du pays. Il concerne Kamel Matmati, un islamiste mort sous la torture en octobre 1991. Aucun des 14 accusés ne s'est présenté devant le tribunal.

Avec AFP

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