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Relaxe requise pour Martine Landry, une responsable d'Amnesty jugée pour avoir aidé des migrants

 Martine Landry est observatrice d'Amnesty International à la frontière avec l'Italie depuis 2011.
Martine Landry est observatrice d'Amnesty International à la frontière avec l'Italie depuis 2011. Valery Hache, AFP

Le parquet a requis la relaxe mercredi à Nice pour une responsable d'Amnesty International, Martine Landry, 73 ans, poursuivie en correctionnelle pour son assistance à deux mineurs guinéens en 2017.

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Martine Landry, 73 ans, est poursuivie en correctionnelle pour avoir facilité I'entrée sur le territoire français de deux mineurs guinéens refoulés de France en Italie. Face aux faits qui lui sont reprochés, le parquet a requis mercredi 30 mai la relaxe à son encontre.

Dans le doute, la représentante du parquet Valentine Vinesse n'a requis aucune peine contre Martine Landry, estimant qu'elle était "le dernier maillon de la chaîne" contrairement à "des acteurs qui ont participé à ces manœuvres et pas présents au tribunal".

Sur France 24 >> Martine Landry : "On ne demande pas à accueillir toute la misère du monde mais à prendre notre part"

"Le parquet aurait intérêt à des poursuites pour faux, usage de faux et tentative d'escroquerie", a-t-elle menacé, après deux heures d'audience au cours desquelles la bénévole aux cheveux blancs a été soumise à un feu roulant de questions sur l'horodatage des emails, des fax, des accusés réception et autres preuves des démarches entreprises pour les deux jeunes migrants avant leur arrivée au poste-frontière de Menton le 28 juillet 2017.

Martine Landry, observatrice à la frontière avec l'Italie depuis 2011, a répété qu'elle avait recueilli au panneau France les deux Guinéens sans les convoyer à pied depuis l'Italie comme cela lui était reproché.

"Nous demandons l'abolition du délit de solidarité"

À sa sortie du tribunal, où elle était entrée sous les encouragements de plusieurs dizaines de militants, Martine Landry s'est étonnée du réquisitoire : "Pourquoi aurions-nous monté tout un stratagème pour ces deux mineurs, alors qu'il y en a des dizaines qui passent toutes les semaines à cette frontière ?!", a-t-elle interrogé, déplorant "des suspicions reposant sur des élucubrations".

"Il y a une politique générale pour intimider tous ceux qui portent assistance aux migrants, et c'est pour ça que nous demandons l'abolition du délit de solidarité", a-t-elle revendiqué.

Reporté à trois reprises, le procès est une première en France contre une membre d'Amnesty, également bénévole de l'Association nationale d'aide à la frontière pour les étrangers (Anafé).

"La France doit se conformer à ses engagements et s'aligner sur le droit international en cessant de criminaliser l'action de personnes ou d'associations qui viennent en aide à des personnes migrantes ou réfugiées", a réagi dans un communiqué Amnesty international.

Depuis 2015, au moins 12 militants associatifs, dont Cédric Herrou, ont été condamnés à Nice ou à Aix-en-Provence à des peines d'amende ou de prison avec sursis, tandis que les autorités tentent de juguler l'afflux de migrants arrivant d'Italie au prix d'irrégularités combattues par les associations, condamnées au tribunal administratif et objets de rappels à l'ordre de la part du Défenseur des droits.

Le jugement a été mis en délibéré au 13 juillet.

Avec AFP

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