Jeep au coeur de la nouvelle stratégie de Fiat Chrysler

Publicité

Balocco (Italie) (AFP)

Le constructeur Fiat Chrysler (FCA), dont le patron, Sergio Marchionne, doit passer la main en 2019, entend mettre l'accent ces prochaines années sur ses marques premium, dont Jeep, et réduire la part du diesel, selon son nouveau plan stratégique 2018-2022 présenté vendredi.

La date choisie est symbolique puisque c'est le 1er juin 2004, soit il y a tout juste 14 ans, que M. Marchionne avait pris les rênes de ce qui n'était alors que Fiat.

Le lieu n'est non plus pas anodin car c'est à Balocco qu'il avait, peu après, présenté un plan visant à redresser le constructeur alors au bord de faillite.

M. Marchionne a souligné que le nouveau plan, présenté jusqu'en fin d'après-midi, était "solide et courageux", et mettait l'accent sur ses marques premium: Jeep, Ram, Maserati et Alfa Romeo.

Jeep - qui devrait représenter à lui seul près de 70% des profits de FCA cette année, selon Morgan Stanley - a vendu 1,4 million de véhicules en 2017 et vise 1,9 million d'unités en 2018.

"Cette année, un SUV vendu dans le monde sur 17 sera une Jeep, notre objectif est un sur 12 en 2022" et dans le futur un sur cinq, a expliqué le patron de Jeep, Mike Manley, sans donner pour le moment d'objectifs de production pour 2022, un chiffre très attendu car Jeep est un des piliers de la stratégie à venir de FCA.

M. Marchionne avait indiqué ces derniers mois que le groupe comptait doubler ses profits dans les cinq prochaines années en développant les ventes de Jeep.

Maserati et Alfa Romeo entendent de leur côté doubler leur production, pour la porter respectivement à 100.000 et 400.000 véhicules en 2022.

RAM vise pour sa part des ventes d'un million de véhicules, contre 263.000 en 2009 et 770.000 prévues cette année.

- Cravate pour M. Marchionne -

Le constructeur italo-américain va parallèlement réduire la part du diesel.

Jeep l'éliminera de ses véhicules dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique d'ici 2022, tout comme Maserati, qui devrait le faire dans le monde entier.

En mars, M. Marchionne avait souligné que FCA allait "substantiellement diminuer (le) recours au diesel", ajoutant: "nous n'avons pas le choix".

Ce marché baisse fortement depuis plusieurs années en Europe, notamment en raison du durcissement de la législation.

Côté stratégie, FCA a par ailleurs d'ores et déjà annoncé qu'il entendait faire de l'équipementier automobile Magneti Marelli une entité séparée fin 2018-2019 et le coter à la Bourse de Milan.

Depuis son arrivée en 2004, M. Marchionne a profondément remodelé le groupe, en redressant Fiat, puis en l'alliant en 2014 à l'Américain Chrysler, avant de procéder en janvier 2016 à la séparation de Ferrari.

En 2017, FCA a enregistré de nouveaux résultats record.

Un travail salué par les observateurs et le marché, où depuis un an, le titre a bondi de quelque 110%.

Agé de 65 ans, M. Marchionne, qui passera la main début 2019, a plusieurs fois répété que son successeur - qui sera un homme - serait issu du groupe.

Parmi les candidats tenant la corde, selon la presse, figurent Mike Manley, le responsable des activités européennes du groupe Alfredo Altavilla et le directeur financier de FCA, Richard Palmer.

Pour cette année, le groupe vise un chiffre d'affaires de quelque 125 milliards d'euros, un bénéfice net ajusté de 5 milliards d'euros, un Ebit ajusté égal ou supérieur à 8,7 milliards d'euros et une génération de trésorerie d'environ 4 milliards.

Fait très inhabituel, M. Marchionne - habitué aux pulls ou polos noirs - arborait la cravate vendredi, comme il l'avait promis, pour marquer le fait que le groupe réussirait à porter à zéro sa dette nette industrielle fin juin.

La dernière fois qu'il avait porté une cravate en public remontait à 2011, quand il s'était rendu à la Chambre des députés et celle d'avant à 2007, pour une rencontre avec le pape Benoît XVI.

Porter à zéro la dette industrielle était un immense défi puisque celle-ci s'élevait à 7,7 milliards d'euros fin 2014.