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Irak : une Française rejugée pour appartenance supposée à l'EI

Mélanie Boughedir lors de son premier procès, en février 2018.
Mélanie Boughedir lors de son premier procès, en février 2018. AFP

La Française Mélina Boughedir comparaît dimanche pour appartenance au groupe jihadiste État islamique (EI). Elle risque la peine de mort dans ce nouveau procès provoqué par des "pressions" de Paris, selon son avocat.

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Elle encourt la peine de mort. La Française Mélina Boughedir est jugée pour la seconde fois, dimanche 3 juin, par un tribunal irakien. Elle devra répondre d'une accusation d'appartenance supposée au groupe jihadiste État islamique (EI). L'un de ses avocats dénonce des "pressions" de la France pour un nouveau procès.

En février, la même Cour pénale centrale de Bagdad avait ordonné la libération et l'expulsion de la jeune femme de 27 ans. Les juges avaient estimé qu'elle n'avait à répondre que d'"entrée illégale" en Irak et avaient prononcé une peine de sept mois, alors déjà purgée.

Depuis, la Cour de cassation irakienne a ordonné un nouveau procès, cette fois-ci en vertu de la loi antiterroriste, qui prévoit la peine de mort pour appartenance à un groupe terroriste, que l'accusé ait combattu ou non.

"Terroriste de Daech"

Il existe de "lourdes interrogations sur les pressions qui auraient été exercées par la France pour provoquer un nouveau procès", affirme à l'AFP William Bourdon, avocat parisien de Mélina Boughedir, qui a fait le déplacement à Bagdad.

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait décrit Mélanie Boughedir comme une "terroriste de Daech qui a combattu contre l'Irak" et appelé ce pays à la juger, tout en réitérant son refus de la peine de mort. La famille et la défense plaident, eux, pour qu'elle rentre en France où "un juge d'instruction a signifié par un mandat d'arrêt qu'il souhaitait la voir dans son bureau", affirme Me Bourdon.

En France, la jeune femme est visée par un mandat de recherche délivré dans le cadre d'une information judiciaire, ouverte à Paris le 2 août 2016, pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", selon une source judiciaire.

"Il y a un antagonisme inédit entre le pouvoir politique français et la justice", poursuit Me Bourdon, qui a interpellé dans une lettre ouverte Jean-Yves Le Drian avec ses confrères Martin Pradel et Vincent Brengarth. Dans cette missive consultée par l'AFP, ils dénoncent une "volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que (leur) cliente ne revienne pas" et une "ingérence inacceptable".

Après un premier jugement, dont la clémence tranchait avec le sort habituellement réservé aux étrangers accusés d'avoir rejoint l'EI, la Cour de cassation avait estimé que Mélina Boughedir avait suivi "en connaissance de cause" son mari.

Cette mère de quatre enfants, dont trois rapatriés en France, avait été arrêtée durant l'été 2017 à Mossoul (nord), ancienne "capitale" irakienne de l'EI, alors que son mari, lui aussi français, passe pour mort.

Quelques dizaines de Français soupçonnés d'avoir rejoint l'EI, sont actuellement retenus en Irak et en Syrie avec plusieurs dizaines de mineurs, selon une source proche du dossier. Une autre Française, Djamila Boutoutaou, a été condamnée en avril à la perpétuité par la justice irakienne. Elle a plaidé avoir été dupée par son mari.

Avec AFP

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