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EUROPE

Voyager avec un âne sur les pas des poilus du front d'Orient

© Stéphanie Trouillard, France 24 | Le départ de la marche au cimetière militaire français de Bitola, le 3 juin 2018.

Texte par Stéphanie TROUILLARD , envoyée spéciale à Bitola

Dernière modification : 04/06/2018

Cent ans après les combats qui ont fait rage sur le front d'Orient, une marche du souvenir a été entamée, dimanche, au départ de la Macédoine. Des Français, accompagnés d'un âne et d'un cheval, refont le parcours des poilus lors de la Grande Guerre.

Un âne et un cheval en plein milieu de milliers de tombes. Une scène peu courante. C'est au cimetière militaire français de Bitola, en Macédoine, qu'a été lancé, dimanche 3 juin, une marche du souvenir un peu particulière. "J'ai tenu à ce que l'on parte de ce cimetière ou plus de 14 000 soldats français sont enterrés. C'est une manière de leur rendre hommage", explique Emmanuel Rimbert, directeur de l'Institut français de Skopje.

Ce diplomate, accompagné de son ami Emmanuel Hecht, journaliste et historien, a décidé de partir sur les traces de ces poilus français qui ont participé, il y a 100 ans, aux combats sur le front d'Orient, lors de la Première Guerre mondiale. Beaucoup n'en sont pas revenus, près de 70 000, pourtant leur souvenir s'est effacé au fil des décennies. "J'avais une vague idée du front d'Orient. Je me souvenais simplement du film 'Capitaine Conan' tiré du roman de Roger Vercel. En France, c'est tout à fait méconnu. Cela s'explique par l'éloignement géographique et par le fait que la mémoire collective s'est plutôt focalisée sur Verdun ou la Somme", résume Emmanuel Hecht.

L'équipe des marcheurs, Emmanuel Hecht à gauche, Emmanuel Rimbert et Petar Nolev à droite.
© Stéphanie Trouillard, France 24

"Un voyage dans le temps"

Cette idée un peu folle est née il y a quelques mois, explique Emmanuel Rimbert en sirotant un café à une terrasse de Bitola. "Je regardais des cartes postales du front d'Orient sur lesquelles on voyait des fantassins français à pied avec des ânes. Cela m'a fait penser à un livre de mon enfance, 'Voyage avec un âne dans les Cévennes' de Robert Louis Stevenson", explique-t-il. "J'ai aussi trouvé dans le nouveau mémorial de Bitola consacré aux poilus d'Orient, une photo d'un homonyme, le soldat Fernand Rimbert. J'ai alors eu cette envie d'un voyage dans le temps en me mettant dans les conditions de l'époque".

>> Lire aussi : Un mémorial en Macédoine pour se souvenir des poilus du front d'Orient

Pour réaliser ce projet, ce diplomate a été épaulé par un guide local, Petar Nolev. Ensemble, ils ont élaboré un circuit de 240 kilomètres, de Bitola, en Macédoine, jusqu'à Thessalonique, en Grèce. C'est dans cette ville, à l'automne 1915, que les premiers soldats français ont débarqué sur le front d'Orient. Cent ans plus tard, le trajet emprunté par les poilus sera parcouru dans le sens inverse, pour des raisons pratiques. "Le tracé va passer de la côte 1050, où il y a encore des traces de tunnels et de tranchées, vers Makovo, puis Rapech. On ira ensuite jusqu'au sommet du Kajmakcalan où il y a un ossuaire très important. Puis, sur la ligne de front, redescendra vers le Sokol et le Dobro Polje", détaille Petar Nolev.

Les marcheurs sont accompagnés par un cheval et un âne.
© Stéphanie Trouillard, France 24

"Ce n'est pas notre univers de tous les jours"

Ces noms aujourd'hui tombés dans l'oubli, sauf pour les connaisseurs du front d'Orient, évoquent de violents affrontements. Face aux forces des empires centraux, accablés par les moustiques et les maladies, sous un froid extrême ou une chaleur dévorante, les soldats français et leurs alliés ont combattu dans des conditions particulièrement difficiles à des milliers de kilomètres de chez eux. Dans cette région montagneuse, certains sommets atteignent plus de 2 000 mètres. Emmanuel Rimbert ne s'attend pas à une promenade de santé. "Je ne suis pas quelqu'un de la montagne", avoue-t-il. "C'est vrai qu'il y a une petite anxiété et une petite part d'inconnu. Ce n'est pas notre univers de tous les jours. On va apprendre à vivre dans la nature. On va aussi croiser des serpents, peut-être un ours, un loup et surtout des chiens sauvages".

>> À Lire : Comment j'ai rencontré mon grand-oncle, un zouave, mort sur le front d’Orient

Pour ressentir au plus près le vécu des poilus, le groupe de randonneurs a aussi décidé de ne se nourrir qu'à partir d'aliments de la région, comme à l'époque. "Nous allons manger du pain  avec de la levure qui dure au moins 10 jours. Nous aurons aussi de la viande séchée et du rakia, la boisson locale", raconte le guide Petar Nolev. "Nous allons aussi dormir sur le terrain dans des sacs de couchage".

Au cours de ce périple, les marcheurs agrémenterons leur journée en publiant des photos sur le compte Facebook de l'Institut français de Skopje et de quelques séances d'écriture dans leurs carnets de voyage. Auteurs tous les deux, ils espèrent ramener de ces 240 kilomètres, assez de matière pour une future publication. "Le voyage continue quand on rentre chez soi et qu'on se met à rédiger", souligne Emmanuel Rimbert. Après une douzaine de jours d'efforts, l'arrivée de ce "voyage avec un âne sur la ligne du front d'Orient" est prévue aux alentours du 15 juin, à Thessalonique. Comme le résume le diplomate-randonneur, "une petite marche dans la grande marche de l'histoire".

Première publication : 04/06/2018

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