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Inculpé de viol et agression sexuelle, Harvey Weinstein plaide non coupable

Harveu Weinstein lors de son arrivée à la cour de Manhattan, le 5 juin, à New York.
Harveu Weinstein lors de son arrivée à la cour de Manhattan, le 5 juin, à New York. Eduardo Munoz Alvarez, AFP

Harvey Weinstein a plaidé non coupable au tribunal de Manhattan, où il doit être jugé pour un viol en 2013 et une agression sexuelle en 2004. Depuis octobre dernier, l'ex-producteur a été accusé par une centaine de femmes d'abus sexuels.

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Harvey Weinstein a plaidé non coupable, mardi 5 juin, des accusations de viol et d'agression sexuelle portées contre lui. L’ancien producteur est arrivé au tribunal de Manhattan à 10 h locales (14 h GMT), pour une lecture formelle de l'acte d'accusation. Il a été inculpé le 25 mai pour avoir forcé une femme à lui faire une fellation en 2004, et pour avoir violé une autre dans un hôtel de Manhattan en 2013, un crime qui pourrait lui valoir jusqu'à 25 ans de prison.

Deux femmes sont mentionnées dans l'acte d'accusation, mais près d'une centaine ont affirmé depuis octobre avoir été harcelées ou abusées sexuellement par Weinstein sur plusieurs décennies. Faisant du producteur le catalyseur du mouvement #MeToo et l'un des pires prédateurs sexuels de l'histoire récente américaine. Aucun détail sur l'identité des deux accusatrices n'a été donné par le procureur.

Voix à peine audible

Harvey Weinstein, en costume sombre et cravate, n'a prononcé que quelques mots lors de l'audience, devant une salle comble. "Non coupable", a-t-il répondu d'une voix à peine audible au juge qui lui demandait comment il entendait plaider. À plusieurs reprises, il a ensuite simplement répondu "oui", lorsque le juge lui rappelait les conditions de son placement en liberté surveillée.

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C'est son avocat, Ben Brafman, qui a parlé pendant l'essentiel de l'audience, rappelant la présomption d'innocence dont doit bénéficier le producteur bien que les abus sexuels présumés de l'accusé eurent été abondamment distillés dans les médias et dans l'opinion.

L'avocat d'Harvey Weinstein, Ben Brafman, a affirmé que la plainte pour viol venait d'une femme ayant eu une liaison consentie 10 ans durant avec Weinstein, mais l'information n'a pas été confirmée. L'accusation de fellation forcée émane, elle, de Lucia Evans, une consultante en marketing qui, en 2004, rêvait d'être actrice. Elle avait raconté en octobre son histoire au magazine New Yorker.

Son récit ressemble à de nombreux autres témoignages, venant de vedettes comme Ashley Judd ou Gwyneth Paltrow mais surtout de jeunes inconnues qui espéraient voir le vénéré producteur propulser leur carrière. Lucia Evans raconte comment il lui a fait miroiter une place dans son émission pour aspirantes-mannequins "Project Runway", avant de la contraindre à une fellation.

Pas comme Dominique Strauss-Kahn

Condamné d'avance par l'opinion, Harvey Weinstein, 66 ans et père de cinq enfants, pourra-t-il éviter la prison ? "L'issue est difficile à prévoir", souligne à l’AFP Suzanne Goldberg, professeure de droit à l'université de Columbia, en partie parce qu'"il n'y a pas eu beaucoup de poursuites pour agressions sexuelles contre des gens connus. Ce qui en dit long sur le scepticisme qui a longtemps prévalu face aux femmes accusant des hommes puissants".

Certes, le mouvement #MeToo a ébranlé le statu quo favorable aux hommes, comme l'a montré la récente condamnation, après deux procès, de l'ex-légende de la télévision Bill Cosby pour une agression sexuelle en 2004. Mais le procureur devra quand même "prouver ‘au-delà d'un doute raisonnable’ que Weinstein a commis des actes illégaux, avec ces deux femmes en particulier", souligne-t-elle.

>> À lire : Violences faites aux femmes : la parole s’est libérée, pas les oreilles

Personne pourtant ne pense que les poursuites seront abandonnées, comme ce fut le cas pour Dominique Strauss-Kahn, accusé d'avoir agressé une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais en 2011. Même si c'est le même Ben Brafman, un ténor du barreau new-yorkais, qui défendit l'ex-directeur du FMI face au même procureur de Manhattan, Cyrus Vance.

Comme pour Bill Cosby, la bataille principale devrait tourner autour des autres victimes potentielles d'Harvey Weinstein que l'accusation pourra appeler à la barre. Bennett Gershman, professeur de droit à Pace University interrogé par l’AFP, est quasi-certain que le producteur, "le plus honni des prédateurs sexuels", finira, dans les mois de préparation du procès, par négocier un accord de plaider-coupable pour écoper d'une peine réduite. Aussi bon que soit Ben Brafman, "même le meilleur avocat ne peut pas faire de magie", dit-il. "Aucun jury n'aura de la sympathie pour Weinstein".

En attendant l'issue de la bataille pénale, l'instruction du dossier fournira des munitions aux autres femmes - plus d'une douzaine, selon certains médias - qui ont attaqué Harvey Weinstein au civil. Comme l'avait illustré l'affaire O.J. Simpson, un verdict de culpabilité est plus facile à obtenir au civil qu'au pénal. De sorte que même s'il échappait à une lourde peine de prison, le producteur semble condamné d'avance à la ruine.

Avec AFP

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