Amnesty affiche des portraits de son président en Turquie, détenu depuis un an

Paris (AFP)

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Des militants d'Amnesty International ont affiché mercredi dans Paris des portraits de Taner Kilic, président d'honneur de l'ONG, emprisonné depuis un an et victime selon eux de la "persécution politique" menée par Ankara contre les défenseurs des droits de l'Homme.

Place de la Bourse, comme dans d'autres lieux symboliques de Paris (place des Vosges, Jardin des Plantes...), ils ont déployé un portrait de M. Kilic derrière des grilles dont les barreaux rappelaient sa détention en Turquie, un an jour pour jour après son arrestation.

"Taner Kilic est maintenu en détention sur des accusations de terrorisme totalement infondées, comme des milliers d'autres personnes en Turquie depuis l?instauration de l'état d'urgence en 2016", a expliqué sur place à l'AFP Katia Roux, chargée de plaidoyer à Amnesty France, en précisant que des actions similaires étaient organisées mercredi "dans une trentaine de villes de France".

"Sa persécution est politique, et témoigne du climat de répression instauré par les autorités, qui utilisent l'état d'urgence pour faire taire toute voix critique. Nous demandons sa libération et l'abandon de toutes les charges pesant contre lui", a-t-elle ajouté.

L'état d'urgence en Turquie a été instauré en juillet 2016, quelques jours après une tentative de putsch menée par des militaires factieux, et a été sans cesse renouvelé depuis.

Dans ce cadre, des purges sans précédent ont été menées, au cours desquelles plus de 50.000 personnes ont été arrêtées, et plus de 140.000 limogées ou suspendues.

Selon Mme Roux, Taner Kilic est accusé de lien avec le putsch manqué, et donc de "terrorisme", sur la base d'"une accusation totalement infondée": avoir téléchargé une application de messagerie accusée par les autorités d'être utilisée par des putschistes.

Fin avril dernier, Amnesty avait publié un rapport estimant qu'Ankara avait imposé un "climat de peur glaçant" depuis le putsch manqué de 2016, en s'en prenant notamment aux défenseurs des droits de l'Homme.

Outre les putschistes présumés, ces purges ont été étendues aux milieux prokurdes et d'opposition, visant des juges, des enseignants ou des journalistes.

D'après Amnesty, plus de 1.300 associations et 180 médias ont également été fermés.

Ankara impute la tentative de coup d'Etat au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.