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Manifestation de soutien à une "faucheuse de chaises" d'Attac, jugée à Carpentras

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Carpentras (France) (AFP)

Plus de 200 personnes se sont rassemblées jeudi devant le palais de justice de Carpentras (Vaucluse) pour soutenir Nicole Briend, une militante d'Attac qui doit y comparaître pour avoir participé au vol de trois chaises d'une agence locale de la BNP-Paribas en 2016.

"C'est pas Nicole qu'il faut juger, c'est l'évasion fiscale en bande organisée!", ont scandé les militants, au son des tambours, formant une haie d'honneur à Nicole Briend, proviseure à la retraite de 70 ans qui doit être jugée jeudi après-midi.

Sous des drapeaux de l'organisation altermondialiste Attac, mais aussi de la CGT ou de la France Insoumise, des militants et des représentants politiques de différents partis de gauche, comme Philippe Poutou (candidat du NPA à l'élection présidentielle en 2012 et 2017), ont escorté la septuagénaire aux cheveux gris coupés au carré, en robe de coton bleu.

Nicole Briend est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour "vol en réunion" et "refus de se soumettre au prélèvement d'ADN". En mars 2016, cette militante d'Attac avait participé au vol de 3 chaises dans une agence BNP-Paribas de Carpentras, une action non-violente visant à dénoncer les activités de la banque dans les paradis fiscaux.

L'initiative faisait suite au scandale des "Swissleaks", une série de révélations sur l'évasion fiscale. Des "fauchages de chaises" avaient ensuite été menés ailleurs par des associations comme Attac, les Amis de la Terre, Alternatiba...

"Les voleurs ne sont pas là où ils devraient être", a commenté Nicole Briend. "J'ai agi en tant que citoyenne, car notre démocratie s'affaiblit", a-t-elle ajouté, espérant "être relaxée".

Des actions similaires menées dans d'autres agences en France avaient aussi entraîné des plaintes de la BNP-Paribas. La banque a depuis renoncé à se constituer partie civile dans ces dossiers et donc à demander un dédommagement à Mme Briend. "Elle ne demande pas réparation, mais elle n'a pas retiré sa plainte", a toutefois souligné auprès de la presse Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac.

"Nicole n'est pas une voleuse de chaises, elle les a empruntées dans un but politique, puisqu'elles ont ensuite été restituées au Trésor Public", a-t-il précisé.

Au nom du NPA, Philippe Poutou a souligné "l'importance d'être solidaires contre une répression qui se générale, contre une militante d'Amnesty à Nice, les Zadistes à Notre-Dame-Des-Landes ou encore à Bure". "Il y a urgence à riposter", a-t-il conclu.

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