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En Roumanie, la gauche au pouvoir mobilise ses troupes contre "l'État parallèle" des magistrats

Liviu Dragnea, président a été condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.
Liviu Dragnea, président a été condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Daniel Mihailescu, AFP

Des dizaines de milliers de membres et de sympathisants du PSD, la gauche au pouvoir en Roumanie, ont manifesté samedi à Bucarest contre les "abus" de la justice.

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Quotas obligatoires de manifestants, slogans transmis par courriel, autocars réquisitionnés : le parti social-démocrate (PSD), la gauche au pouvoir en Roumanie, a misles petits plats dans les grands pour préparer la grande manifestation du samedi 9 juin à Bucarest. Elle a mobilisé ses troupes contre le pouvoir des magistrats qu'elle juge excessif.

Venus de tout le pays à bord de cars affrétés par le Parti social-démocrate (PSD), les manifestants – 150 000 selon l'agence nationale de presse Agerpres –, se sont massés place de la Victoire, devant le siège du gouvernement.

"Nous y attendons tous ceux qui souhaitent vivre dans un pays libre, (...) où les droits fondamentaux des citoyens sont respectés", avait déclaré en amont l'homme fort de la gauche, Liviu Dragnea, chef du PSD.

Condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale et menacé par un imminent verdict dans un autre procès, Liviu Dragnea veut dénoncer les "abus" du système judiciaire. Cette figure controversée de la scène politique se dit victime d'un "État parallèle qui parasite les institutions" et n'a cessé, depuis le retour de son parti à la tête du pays, fin 2016, d'accentuer la pression sur les magistrats.

L'éclairage de notre correspondant, Mirel Bran

Pression sur les militants

Alors que la capitale est traditionnellement proche du centre droit, le PSD a dû mettre en œuvre un plan détaillé pour "occuper" cette place, théâtre depuis plus d'un an de manifestations régulières contre une réforme controversée de la justice voulue par le PSD.

Selon de nombreux témoignages publiés par les médias, les élus locaux de la gauche mais aussi des directeurs d'écoles ou d'hôpitaux ont mis la pression sur leurs subordonnés pour qu'ils se rendent à Bucarest. Des autocars et des trains spéciaux ont été affrétés, des voitures réquisitionnées et des contributions financières exigées.

Le département de Giurgiu (sud), l'un des plus pauvres du pays, devrait ainsi être représenté par 10 000 personnes, tandis que les parlementaires sociaux-démocrates locaux ont chacun versé l'équivalent de 1 900 euros pour financer cette opération, a déclaré le chef de l'antenne locale du PSD, Nicolae Badalau.

Des dépliants invitant les Bucarestois à descendre dans la rue "pour défendre la démocratie et dire 'Stop' à l'État parallèle qui veut contrôler la Roumanie" ont été distribués dans des boîtes aux lettres de la capitale.

Avec AFP

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