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Accord Athènes - Skopje : la Macédoine va devenir la Macédoine du Nord

Manifestation pour que la région de Thessalonique soit l'unique territoire à s'appeler "Macédoine", le 6 juin 2018 à Pella, lieu de naissance d'Alexandre le Grand.
Manifestation pour que la région de Thessalonique soit l'unique territoire à s'appeler "Macédoine", le 6 juin 2018 à Pella, lieu de naissance d'Alexandre le Grand. Sakis Mitrolidis, AFP

Skopje a concédé à Athènes, mardi, la priorité de l'appellation "Macédoine" pour désigner la région de Thessalonique, et portera désormais le nom de Macédoine du Nord. La petite république espère ainsi adhérer à l'Union européenne et l'Otan.

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Athènes et Skopje ont trouvé un accord, mardi 12 juin, pour régler une vieille querelle sur le nom de la république de Macédoine, qui bloquait jusque là toute adhésion de la république ex-Yougsolave à l'Otan et l'UE. Elle se nommera désormais "Severna Makedonja", soit la Macédoine du Nord, selone une source au sein du gouvernement grec.

"Nous avons un accord, un bon accord qui couvre toutes les conditions posées par la Grèce", ont annoncé le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le chef de l'État, Procope Pavlopoulos. La Grèce refuse que le petit pays des Balkans adopte le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique et de l'ancien royaume d'Alexandre le Grand.

>> À voir : "La Macédoine n'a aucune prétention territoriale sur la Grèce"

Le nouveau nom donné au petit État issu de l'éclatement de la Yougoslavie en 1991 s'appliquera "Erga Omnes", c'est-à-dire à tous les usages. "Cela signifie, a poursuivi Alexis Tsipras, qu'ils prennent l'engagement de réviser leur Constitution".

Vu d'Athènes, un tel accord devrait sonner le glas de toute revendication de la part de l'État voisin de l'héritage du conquérant macédonien Alexandre le Grand, dont la Grèce se prévaut de l'exclusivité. Il doit surtout consacrer l'absence de toute visée territoriale de sa part sur la province grecque frontalière de Macédoine.

Les deux gouvernements étaient convenus d'intensifier les négociations, cette année, pour résoudre leur litige, qui contrecarre les efforts de Skopje pour adhérer à l'Otan et à l'Union européenne, Athènes lui barrant la route faute d'accord sur le nom officiel du pays. Les pourparlers bilatéraux avaient été relancés il y a quelques mois après l'arrivée au pouvoir du social-démocrate Zoran Zaev, qui a succédé au nationaliste Nikola Gruevski. L'actuelle Macédoine a fait en sorte que la question soit résolue à temps pour le Conseil européen du mois de juin et pour le sommet de l'Otan prévu en juillet.

Passer le cap du référendum

De chaque côté de la frontière, cependant, ce compromis est combattu par les franges nationalistes. Au point que, selon Nicholas Tzifakis, professeur de relations internationales à l'Université du Péloponnèse, c'est "le débat interne" plus "que les pourparlers bilatéraux" qui sera déterminant en fin de compte. Pour entrer en vigueur, l'accord doit en effet encore passer le cap d'un référendum annoncé pour l'automne par Zoran Zaev.

Proche de la droite nationaliste, le président macédonien, Gjorge Ivanov avait ainsi considéré mardi en milieu de journée qu'il était "irresponsable que la question du nom (...) soit débattue au téléphone entre les Premiers ministres" et réaffirmé "le besoin d'un consensus national plus large".

L'allié gouvernemental d'Alexis Tsipras, le souverainiste ministre de la Défense Panos Kammenos, a quant à lui réitéré dans une conférence de presse son opposition à tout partage du nom de Macédoine, sans que cela ne menace l'accord, grâce au soutien de l'opposition de centre gauche.

C'est sur cette position jusqu'au-boutiste que la Grèce avait déclenché la bataille, à l'indépendance en 1991 de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), obtenant qu'elle ne soit finalement admise que sous cette appellation provisoire à l'ONU en 1993.

Entretemps, 140 pays dont les États-Unis et la Russie l'ont reconnue sous le nom de Macédoine et, à l'époque des gouvernements conservateurs de la Nouvelle-Démocratie (2004-2009), la Grèce s'était ainsi décidée à acter la nécessité d'un compromis.

Avec AFP et Reuters

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