MONDIAL-2018

Mondial-2018 : Didier Deschamps, ambassadeur de la "gagne" frustré à l'Euro-2016

Didier Deschamps, à la tête des Bleus depuis 2012.
Didier Deschamps, à la tête des Bleus depuis 2012. AFP

Porte-étendard de la "culture de la gagne" au cours de ses carrières de joueur puis d'entraîneur, le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps avait goûté une bien amère défaite en finale de l'Euro-2016. Pour mieux rebondir lors du Mondial-2018.

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"Il a la gagne en lui", affirme sans détour son bras droit Guy Stéphan. Technicien pragmatique et exigeant, le sélectionneur de l'équipe de France de football Didier Deschamps place le résultat avant tout. Et cela lui a souvent réussi dans son impressionnante carrière de joueur et d'entraîneur, sauf à l'Euro-2016, perdu en finale contre le Portugal.

Aux commandes des Bleus, Deschamps a une "autorité incontestable et incontestée, poursuit Guy Stéphan auprès de l'AFP. Contrairement à ce qu'on peut dire, il ne décide pas tout, il écoute aussi. Après, évidemment, c'est un chef. C'est un meneur d'hommes".

Cette âme de chef obsédé par la victoire était omniprésente dans sa carrière de joueur. Préposé aux tâches ingrates au milieu du terrain, c'était lui le capitaine de la génération Zinédine Zidane, sacrée à la Coupe du monde 1998 et à l'Euro-2000.

Toujours avec le brassard, le Basque a aussi soulevé la seule Ligue des champions remportée par un club français avec Marseille en 1993, puis une autre C1 avec la Juventus Turin (1996), en Italie, où s'est encore renforcé son amour de la gagne. Entraîneur, il a hissé Monaco jusqu'à la finale de Ligue des champions en 2004 et porté Marseille vers le titre de champion de France en 2010.

Didier Deschamps a donc logiquement été appelé à la rescousse en 2012 pour redresser une maison Bleue traumatisée par le scandale de Knysna, à la Coupe du monde 2010, celle où les joueurs français avaient fait la grève de l'entraînement.

Aux bons soins des Bleus

Depuis, le technicien de 49 ans a remis l'équipe de France sur de bons rails, sur et en dehors du terrain. La reconstruction est passée par un quart de finale au Mondial-2014. Puis il y eut l'Euro-2016 et le parcours jusqu'en finale, avant une prolongation où la frappe sur le poteau d'André-Pierre Gignac puis le but du Portugais Eder ont légèrement écorné l'étiquette d'éternel gagneur qui lui colle à la peau.

Pragmatique en bord de pelouse, Deschamps l'est aussi dans les coulisses. Contrairement à ses prédécesseurs, on le dit très investi dans les activités de la Fédération et très proche de son président Noël Le Graët, avec lequel il partage un sens aigu de la politique.

Le sélectionneur aux cheveux grisonnants contrôle aussi habilement sa communication et sait trancher dans le vif, en invoquant "le bien de l'équipe de France". Sur la mise à l'écart de Karim Benzema, absent du groupe France depuis novembre 2015 et sa mise en examen dans l'"affaire de la sextape", Deschamps a inlassablement répété qu'il plaçait l'équilibre de son groupe et le collectif au-dessus du talent individuel de l'attaquant du Real, jusqu'à décourager les intervieweurs sur le sujet.

Le groupe avant tout

"Didier a toujours été pragmatique, a toujours pris des décisions pour favoriser la cohésion du groupe. Le cas Benzema en est le parfait exemple. Il n'a jamais pris des joueurs qui pouvaient remettre en question la cohésion du groupe ainsi que son autorité", reconnaît ainsi son ancien coéquipier en Bleu Emmanuel Petit interrogé par l'AFP.

Sur les quelques zones d'ombres de son passé de joueur, les soupçons de dopage à l'époque où il évoluait à la Juve, ou l'affaire de corruption de Marseille avec Valenciennes en 1993, Deschamps n'a jamais été directement mis en cause, et son parcours et ses résultats les ont reléguées au second plan.

Sous contrat jusqu'en 2020, le sélectionneur des Bleus est maintenant très attendu à la Coupe du monde, où il s'avance avec un effectif plein de talents mais encore jeune. Ses détracteurs lui reprochent parfois sa frilosité tactique ou un manque de plan de jeu.

"C'est quoi, une identité de jeu, à part des mots ?", avait-il balayé dans le quotidien L'Equipe l'année dernière. Avant de qualifier ses Bleus pour la Coupe du monde avec un rêve entêtant : gagner, encore et toujours.

Avec AFP

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