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SCIENCES

C'est une certitude : la fonte de l'Antarctique s'accélère

© Hamish Pritchard, Nature Publishing Group, AFP | L'Antarctique a perdu 3 000 milliards de tonnes de glace depuis 1992, selon une étude parue le 13 juin dans le magazine Nature.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/06/2018

Une étude publiée mercredi dans le magazine Nature démontre que la fonte des glaces s'accélère considérablement en Antarctique : 219 milliards de tonnes de glace fondent annuellement depuis 2012.

L'Antarctique a perdu 3 000 milliards de tonnes de glace depuis 1992. Assez pour faire monter le niveau global des océans de presque 8 millimètres, et cette tendance s'est accélérée de façon spectaculaire au cours des cinq dernières années, selon une étude parue le 13 juin 2018.

Avant 2012, le continent blanc situé au pôle Sud perdait environ 76 milliards de tonnes de glace annuellement, ont calculé les 84 scientifiques qui ont participé à cette étude de référence parue dans le magazine Nature.

Depuis cette date, ce chiffre a bondi à 219 milliards de tonnes par an. Autrement dit, depuis cinq ans, les glaces fondent à un rythme presque trois fois plus élevé qu'avant.

>> À voir sur France 24 : "L'INVITÉE DU JOUR - Stéphanie Gicquel : 'Mon désir d'Antarctique était plus fort que les risques' "

Cette découverte devrait dissiper les doutes sur le fait que l'Antarctique fond rapidement et représente une menace pour des centaines de millions de personnes vivant dans des zones basses côtières, soulignent les auteurs de l'étude.

"Nous avons maintenant une image sans équivoque de ce qui se passe en Antarctique", souligne Éric Rignot, principal coauteur de l'étude et chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa. "Nous considérons ces résultats comme une sonnette d'alarme supplémentaire pour agir, afin de ralentir le réchauffement de notre planète", insiste le scientifique français, qui étudie les glaciers et les pôles depuis vingt ans.

Recouverte à plus de 98 % par des glaces permanentes – l'inlandsis – l'île continent entourée par l'océan Austral représente à elle seule 90 % des glaces terrestres et recèle la plus grande réserve d'eau douce de la planète. Si toute cette masse de glace fondait, cela ferait grimper le niveau des océans de presque 60 mètres.

"Des mesures doivent être prises maintenant"

Jusqu'à présent, les scientifiques peinaient à déterminer si l'Antarctique avait gagné en masse grâce aux chutes de neige ou en avait perdu à cause de la fonte des glaces ou la séparation d'icebergs. Mais plus de deux décennies d'observations satellites ont permis d'avoir une vue plus complète.

Plus de 90 % des glaces se trouvent dans l'Antarctique est, qui est resté relativement stable malgré le réchauffement climatique. L'Antarctique ouest, en revanche, y est beaucoup plus sensible, en particulier la péninsule antarctique où plus de 6 500 kilomètres carrés de glace sont déjà tombés dans la mer. Au cours des 25 dernières années, période couverte par l'étude, presque toute la masse de glace perdue l'a été en Antarctique ouest.

Si la tendance se poursuit, l'Antarctique pourrait devenir la principale cause de la hausse du niveau des océans, devant la dilatation thermique – l'eau prend plus de place quand elle se réchauffe –, et la fonte de la banquise au Groenland et des glaciers à travers le monde.

>> À voir sur France 24 : "ÉLÉMENT TERRE - 'Fonte des pôles, à qui profite le crime ?' "

"Les données montrent que la situation s'aggrave considérablement chaque année", souligne Isabella Velicogna, professeure à l'université de Californie à Irvine et une des coauteurs de l'étude, dont les résultats ont été salués par plusieurs scientifiques.

"La force de cette recherche est d'avoir rassemblé des résultats et méthodologies de différentes équipes à travers le monde", souligne Twila Moon, scientifique du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) dans le Colorado.

Aux décideurs politiques d'agir maintenant en conséquence. "L'avenir de l'Antarctique est lié à celui du reste de la planète et de la société humaine. Des mesures doivent être prises maintenant pour ralentir le rythme des changements environnementaux, augmenter la résilience de l'Antarctique et réduire le risque […] de changements irréversibles", plaide l'océanographe australien Steve Rintoul, auteur d'une autre étude sur l'Antarctique parue le 13 juin dans le même magazine Nature.

Avec AFP

Première publication : 14/06/2018

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