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Merkel joue son avenir avec un conflit gouvernemental sur les migrants

© dpa/AFP | La chancelière allemande Angela Merkel vient rencontrer la direction de son parti, la CDU, le 14 juin 2018 à Berlin

BERLIN (AFP) - 

L'avenir politique d'Angela Merkel en Allemagne semble en jeu après l'entrée en rébellion jeudi de l'aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale sur la politique migratoire, qui exige plus de fermeté aux frontières.

Fait rare, la chambre basse du Parlement, le Bundestag, a suspendu sa séance à la mi-journée pour permettre des réunions de crise des députés conservateurs en principe alliés, les chrétiens-démocrates (CDU) de la chancelière au pouvoir depuis plus de 12 ans d'un côté et la CSU bavaroise, très conservatrice, du ministre de l'Intérieur Horst Seehofer de l'autre. Ces deux mouvements sont les principaux protagonistes de ce conflit politique majeur.

En cause, la décision dimanche de la chancelière de bloquer un vaste projet de refonte de la politique d'asile présenté par son ministre de l'Intérieur.

M. Seehofer veut renvoyer les migrants arrivant en Allemagne s'ils ont été enregistrés par un autre pays dans la base de données de l'UE. Mme Merkel, qui a accueilli plus d'un million de migrants en 2015-2016, refuse le refoulement aux frontières au nom du droit et des principes de solidarité européens qu'elle défend.

- Ultimatum ? -

Elle a demandé aux siens du temps pour négocier des solutions communautaires et bilatérales lors du sommet de l'UE de la fin juin. Si la direction de son parti chrétien-démocrate lui a donné son blanc-seing jeudi, son plus proche allié, la CSU bavaroise lui a opposé une fin de non-recevoir.

Le chef des députés CSU, Alexander Dobrindt a jugé impossible que Mme Merkel arrache un tel accord "en quelques jours", si bien qu'il a menacé la chancelière de mutinerie en signifiant que le ministre de l'Intérieur pouvait se passer de son accord et imposer par décret sa réglementation.

"Cela tombe sous la responsabilité directe du ministre", a-t-il dit, précisant que la direction de son parti allait étudier la question lundi à Munich, une mise en garde aux allures d'ultimatum. Un tel passage en force serait à coup sûr synonyme d'explosion de la coalition gouvernementale actuelle.

La CSU bavaroise, échaudée par l'essor de l'extrême droite (AfD) qui a obtenu un score historique aux législatives de septembre en capitalisant sur les inquiétudes liées à l'immigration, exige un tour de vis avant que la Bavière n'aille aux urnes pour un scrutin régional à l'automne.

Autre menace avancée, le parti bavarois serait prêt à siéger au parlement indépendamment des chrétiens-démocrates de Mme Merkel, ce qui serait du jamais vu depuis la fondation de la République fédérale en 1949, rapporte le journal Augsburger allgemeine.

- Question de confiance -

La crise est néanmoins telle que certains médias évoquent un vote de confiance au Bundestag trois mois à peine après l'entrée en fonction du 4e gouvernement Merkel, fruit de six mois de pourparlers au forceps.

"Si un compromis ne peut être trouvé, alors Angela Merkel doit poser la question de confiance" au Parlement, ou ouvrir la voie "à des nouvelles élections", écrit le tabloïd Bild, journal le plus lu d'Allemagne.

Même soutenue par les sociaux-démocrates, Mme Merkel n'aurait alors plus de majorité sans la CSU.

Par ailleurs, un député CDU s'est dit favorable à un tel vote. "Depuis 2015 on débat sur ce thème, il va bien falloir trancher et s'il le faut avec la question de confiance", a jugé l'élu Axel Fischer.

M. Seehofer a aussi isolé mercredi Mme Merkel mercredi en affichant sa complicité avec le très conservateur chancelier autrichien Sebastian Kurz qui annonçait la création d'un "axe" à trois avec le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (extrême droite) pour combattre l'immigration clandestine.

Mme Merkel a critiqué une initiative pesant sur l'"avenir et la cohésion" de l'UE.

Le conflit Merkel-Seehofer remonte à l'ouverture du pays aux migrants en 2015, mais c'est la première fois que la capacité légendaire de la chancelière à trouver des compromis semble prise en défaut.

Le climat général dans l'opinion a en outre été exacerbé fin mai-début juin par un fait divers, le viol et l'assassinat d'une adolescente par un jeune demandeur d'asile irakien, arrivé en 2015 puis débouté mais jamais expulsé.

© 2018 AFP