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Pavageau (FO): "plutôt que de parler de pognon, parlons de redistribution"

© AFP/Archives | Le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, lors d'une manifestation le 22 mai 2018 à Paris

MONTPELLIER (AFP) - 

La déclaration d'Emmanuel Macron sur le "pognon de dingue" dépensé "dans les minima sociaux" est "caricaturale et provocatrice", a estimé jeudi le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, considérant qu'"on a besoin de parler de répartition et de solidarité".

"La question n'est pas la quantité de pognon qui est dépensée", a-t-il déclaré lors du 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier, affirmant que "sans les minima sociaux le taux de pauvreté passerait de 14% à 22%" de la population.

"Plutôt que de parler de pognon, parlons de redistribution", a-t-il lancé, après avoir rappelé "qu'un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA ne l'utilise pas".

M. Pavageau a ensuite souligné devant des journalistes que "les deux tiers des adultes en situation de pauvreté ont un emploi ou en recherchent un".

"Ces personnes font tout pour essayer de s'en sortir", a-t-il insisté, critiquant le discours prononcé la veille par M. Macron, en particulier sa volonté de "contrôler" et "responsabiliser" ceux qui ont fini par "s'installer dans une forme d'exclusion".

"On sous-entend que celui qui perd son emploi est un peu responsable de la situation et on va jusqu'à sous-entendre que celui qui est dans une situation d'extrême pauvreté en est un peu responsable. Ca n'est pas acceptable", a dénoncé le patron de FO.

"Notre responsabilité collective, c'est de leur tendre la main, ou la corde, pour pouvoir remonter", a-t-il poursuivi, dans une allusion aux "premiers de cordée" évoqués l'an dernier par le président de la République.

Au sujet de la vidéo diffusée par l'Elysée, dans laquelle le chef de l'Etat fustige le "pognon de dingue" investi dans la protection sociale sans pour autant permettre "aux gens de s'en sortir", M. Pavageau a jugé qu'"on n'a pas besoin de parler de pognon de manière caricaturale et provocatrice".

Pour lui, "on a besoin de parler de répartition et de solidarité pour faire en sorte que demain le taux de pauvreté tombe à zéro".

© 2018 AFP