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Enquête sur les e-mails d'Hillary Clinton : l'ex-chef du FBI fautif mais impartial selon un rapport

Alors patron du FBI, James Comey avait d'abord recommandé à l'été 2016 de ne pas poursuivre Hillary Clinton dans l'affaire des emails avant de faire volte-face fin octobre 2016.
Alors patron du FBI, James Comey avait d'abord recommandé à l'été 2016 de ne pas poursuivre Hillary Clinton dans l'affaire des emails avant de faire volte-face fin octobre 2016. Angela Weiss, Brendan Smialowski, AFP

L'ancien patron du FBI James Comey a été fautif mais impartial : rien ne prouve que ses motivations étaient politiques et qu'il ait voulu influencer l'élection présidentielle de 2016, affirment les conclusions d'un rapport officiel.

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L'ancien chef du FBI James Comey s'est affranchi des règles en supervisant l'enquête sur les e-mails d'Hillary Clinton avant la présidentielle de 2016, mais s'est montré impartial en excluant de poursuivre la candidate démocrate, a conclu, jeudi 14 juin, un rapport officiel.

"Nous n'avons trouvé aucune preuve montrant que les décisions des procureurs ont été influencées par des partis pris ou d'autres considérations déplacées", écrit notamment l'inspecteur général Michael Horowitz, à la tête d’un organe indépendant traquant d’éventuels abus au sein du ministère de la Justice et des agences qui en dépendent.

Ce rapport de 500 pages, très attendu car présenté comme susceptible d'être une bombe politique, risque pour Donald Trump de ne pas avoir l'effet escompté : le président ne cesse d'affirmer que les démocrates se sont alliés avec des éléments du FBI pour tenter d'aider Hillary Clinton à accéder à la Maison Blanche.

>> À lire sur France 24 : "Trump 'moralement inapte' à être président des États-Unis, selon l'ex-directeur du FBI James Comey

James Comey, que Donald Trump a limogé en mai 2017 et qui s'est montré depuis très critique du président, est toutefois épinglé dans ce rapport pour avoir pris des libertés avec les procédures en vigueur à la tête de la police fédérale américaine.

Le rapport de Michael Horowitz confirme par ailleurs la teneur d'échanges entre deux agents du FBI ayant travaillé sous les ordres de James Comey et ensuite pour le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur une éventuelle collusion entre la Russie et des collaborateurs de campagne de Donald Trump.

Volte-face dans l’affaire des e-mails d’Hillary Clinton

Pour la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, le rapport "confirme les soupçons du président sur la conduite de James Comey et les préjugés de certains membres du FBI".

Michael Horowitz a examiné en profondeur certains actes d'enquête cruciaux de James Comey qui, en 2016, a tour à tour été accusé d'avoir favorisé Hillary Clinton puis Donald Trump dans leur course à la Maison Blanche.

Dans une conférence de presse surprise en juillet 2016, l’ancien patron du FBI avait ainsi recommandé de ne pas poursuivre Hillary Clinton sur ses e-mails envoyés avec un serveur privé, tout en notant que l'ex-secrétaire d'État avait fait preuve d'une "extrême négligence".

Selon Michael Horowitz, il aurait dû en référer d'abord à la ministre de la Justice de l'époque, Loretta Lynch, qui était sa supérieure hiérarchique. "Cette façon d'agir de James Comey a été extraordinaire et insubordonnée", a souligné l'inspecteur général.

Puis, fin octobre 2016, le patron du FBI avait relancé de façon retentissante l'affaire des e-mails en annonçant, dans une lettre au Congrès, rouvrir l'enquête sur la candidate démocrate.

Ironie du sort, le rapport indique que Comey a lui-même utilisé une adresse e-mail personnelle pour gérer certaines affaires du FBI

Toujours selon Michael Horowitz, James Comey a alors commis "une grave erreur de jugement" et aurait dû au contraire s'abstenir d'envoyer une telle lettre fracassante à dix jours du scrutin présidentiel.

Ironie du sort, le rapport indique que James Comey a lui-même utilisé une adresse e-mail personnelle pour gérer certaines affaires du FBI.

Sur son compte Twitter et dans une tribune distincte publiée jeudi par le New York Times, James Comey a défendu ses décisions prises dans un "contexte extraordinaire", au nom de la transparence. "Les conclusions [du rapport] sont acceptables, même si je suis en désaccord avec certaines d'entre elles", a-t-il commenté.

Toujours est-il que ce rapport semble affaiblir la position de l'ex-patron policier, qui a passé ces derniers mois à promouvoir un livre dans lequel il développe son éthique de dirigeant, qu'il oppose à celle de Donald Trump.

L'actuel directeur du FBI, Christopher Wray, a accepté les conclusions du rapport et promis une formation pour les employés du bureau fédéral, y compris les plus hauts responsables, sur les moyens d'être impartial et d'éviter les erreurs commises par James Comey et d'autres.

Avec AFP

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