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Yémen : violents combats à Hodeida, l'ONU inquiète pour les civils

Une colonne des forces pro-gouvernementales se dirigeant vers Hodeida, dans l'ouest du Yémen, le 13 juin 2018.
Une colonne des forces pro-gouvernementales se dirigeant vers Hodeida, dans l'ouest du Yémen, le 13 juin 2018. Nabil Hassan, AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à garder le port yéménite de Hodeida ouvert. Cible d'une offensive des forces loyalistes qui entendent y déloger les rebelles Houthis, cette ville est la porte d'entrée stratégique d'aides humanitaires.

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De violents combats ont fait 39 morts, jeudi 14 juin, parmi les rebelles Houtis et les forces pro-gouvernementales aux portes de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, au deuxième jour de l'offensive qui vise cette importante ville portuaire et fait craindre une interruption de l'aide humanitaire.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé que le port de la ville, par où transite l'essentiel des marchandises importées, reste ouvert pour éviter que ne s'aggrave une crise humanitaire déjà considérée comme la "pire au monde". Selon des sources militaires et médicales, les combats se sont déroulés à 2 kilomètres de l'entrée de l'aéroport de Hodeida, à la sortie sud de cette ville, dont le port est crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire dans le pays.

France 24

De son côté, le chef des rebelles Houtis a appelé à résister face aux forces progouvernementales contre Hodeida. "J'appelle à faire face à l'assaut et à affronter les forces de la tyrannie", a lancé à la télévision des insurgés Al-Massirah, le chef rebelle, Abdel Malek al-Houthi, qui s'exprimait pour la première fois depuis le début de l'offensive.

"Nous n'avons pas l'intention de détruire l'infrastructure"

"Nous ne sommes pas en train de nous approcher du port [et] nous n'avons pas l'intention de détruire l'infrastructure", a dit le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled Alyemany, lors d'une conférence de presse à New York. "Nous sommes dans une zone proche de l'aéroport, mais pas du port. Le port est totalement en dehors des opérations, aujourd'hui", a-t-il insisté.

Trois hélicoptères d'assaut Apache de la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite sont intervenus notamment contre les insurgés, ont indiqué des sources militaires. Les rebelles Houthis ont opposé, -selon ces sources, une résistance farouche aux forces pro_gouvernementales. Leurs tireurs embusqués ont tué ou blessé de nombreux soldats, selon des secouristes.

>À lire : La coalition saoudienne lance l'assaut sur un port stratégique au Yémen

Dans ce contexte, le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, s'est rendu jeudi à Aden, la capitale provisoire de l'autorité internationalement reconnue, lors de sa première visite publique dans le pays en guerre en plus d'un an.

Selon l'agence de presse officielle Saba, la visite du président, qui vit en exil à Riyad, a pour but de "superviser" les opérations militaires dans la province de Hodeida. Un correspondant de l'AFP à Al-Douraïhimi, au sud de l'aéroport de Hodeida, a vu des ambulances évacuer des morts et des blessés pro-gouvernementaux et des renforts loyalistes se diriger vers la ligne de front.

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Le bruit des bombardements semble de plus en plus proche

Selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), les habitants de Hodeida restent confinés chez eux alors que le bruit des bombardements semble de plus en plus proche.

La coalition dirigée par Riyad intervient au Yémen depuis mars 2015 pour aider le pouvoir du président Hadi à stopper la progression des rebelles Houthis qui occupent de vastes régions dont la capitale, Sanaa.

Dans cette guerre qui a fait près de 10 000 morts en plus de trois ans, la bataille de Hodeida est la plus importante depuis l'offensive de l'été 2015 qui avait permis aux forces pro-gouvernementales de reprendre aux rebelles plusieurs régions du sud du pays dont Aden, la deuxième ville du pays.

>> Voir le reportage : Au Yémen, une guerre à huis clos

Hodeida, grand port sur la mer Rouge, est le point d'entrée d'une bonne partie des importations et de l'aide humanitaire en territoire yéménite, et constitue un enjeu stratégique. Le port reste ouvert en dépit de l'assaut, a indiqué à l'AFP son directeur Daoud Fadhel.

Mercredi, les Houthis ont affirmé via leur chaîne Al-Massirah avoir touché un navire de la coalition avec deux missiles au large de Hodeida. Cette information n'a pas pu être confirmée de source indépendante.

"Conséquences catastrophiques"

À New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a "répété son appel à laisser ouverts les ports de Hodeida et Salif", au nord de la ville de Hodeida, pour assurer la continuité de l'approvisionnement, a déclaré à l'issue d'une réunion de deux heures l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia. Une proposition de la Suède, qui souhaitait que l'ONU appelle à la suspension immédiate des hostilités pour laisser une chance aux négociations sur un retrait des rebelles, n'a toutefois pas été retenue.

>> À voir : "J’ai mis deux ans avant de pouvoir entrer au Yémen"

De leur côté, les deux piliers de la coalition – l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – ont tenté d'apaiser les craintes sur l'aide humanitaire. Des "ponts aérien, maritime et terrestre" ont été prévus pour assurer l'acheminement de cette aide, ont-ils affirmé mercredi les deux pays.

Mercredi, des ONG internationales ont écrit au président français Emmanuel Macron afin d’alerter que l'assaut sur Hodeida "aurait probablement des conséquences catastrophiques sur la population civile". Dans ce contexte, les organisations jugent "inconcevable" de maintenir une conférence humanitaire sur le Yémen prévue fin juin à Paris. Mais la France a réaffirmé son souhait de l'organiser.

Avec AFP

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