ÉTATS-UNIS

L'administration Trump sépare près de 2 000 enfants de leurs parents immigrés

Le 12 juin 2018, un enfant et son père, originaires du Honduras, arrêtés à la frontière mexicaine.
Le 12 juin 2018, un enfant et son père, originaires du Honduras, arrêtés à la frontière mexicaine. John Moore, Getty Images, AFP

Depuis mi-avril, 2 000 enfants ont été séparés de leurs parents arrêtés pour avoir franchi illégalement la frontière américaine. L'administration Trump s'est justifiée, vendredi, en invoquant la "tolérance zéro" contre l'immigration clandestine.

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L'administration Trump a révélé vendredi 15 juin, pour la première fois, l'impact de sa nouvelle politique de tolérance zéro à la frontière avec le Mexique. Les chiffres fournis par les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice ont provoqué un malaise jusque dans les rangs républicains et l'indignation des démocrates et de puissants dirigeants religieux.

Et pour cause. Entre le 19 avril et le 31 mai, 1 995 mineurs ont été séparés de leurs parents arrêtés pour être entrés illégalement aux États-Unis. Sur cette même période, 1 940 adultes ont été interpellés et détenus par la police des frontières dans l'attente de poursuites.

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Le réseau existant d'une centaine de centres de rétention pour mineurs, qu'ils aient tenté de franchir seuls la frontière ou aient été séparés de leurs parents, commence à être débordé. Beaucoup s'inquiètent de voir ces enfants traumatisés hébergés dans des centres sans un accompagnement pédiatrique adapté.

Tentes

Quelque 1 500 garçons d'entre 10 et 17 ans sont déjà logés dans un ancien supermarché au Texas. Et dans la chaleur étouffante à la frontière mexicaine, les autorités montent des tentes climatisées pour faire face à l'affluence de mineurs.

Face aux rumeurs "particulièrement indignes" de séparation en douce, sans avertir les parents, ou de mères arrachées à leur bébé pendant qu'elles les allaitaient, les responsables du gouvernement se sont montrés catégoriques, elles "sont complètement fausses".

La Maison Blanche revendique ouvertement sa politique, admettant sans détour vouloir ainsi décourager les clandestins. Sous Barack Obama, accusent-ils, les mineurs seuls ou les familles étaient relâchés dans l'attente de leur comparution devant un juge, ce qui aurait créé un effet d'appel.

Loin de rougir face au tollé, le président américain s'en sert pour réclamer une vaste réforme sur l'immigration qui patine depuis des mois au Congrès, en mettant la pression sur l'opposition. "Les démocrates forcent la séparation des familles à la frontière avec leur agenda législatif horrible et cruel", a-t-il encore lancé vendredi dans un tweet.

Propositions de loi

Divisés dans leur majorité, les républicains semblent finalement prêts à présenter la semaine prochaine deux propositions de loi. L'une satisfaisant leur aile dure et l'autre, encore en élaboration, tentant de réconcilier modérés et conservateurs mais incluant les demandes de Donald Trump, notamment une enveloppe de 25 milliards de dollars pour construire un mur à la frontière.

Ce texte comprendra un amendement s'assurant "que les mineurs accompagnés appréhendés à la frontière ne soient pas séparés de leurs parents", selon une source républicaine.

Avec AFP

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