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"Colonie de vacances" ou "camps d’internement" : le sort des enfants migrants déchire l’Amérique

© Mario Tama, AFP | Une manifestation contre la séparation des enfants migrants de leurs parents à Los Angeles le 14 juin.

Vidéo par Natacha MILLERET

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 19/06/2018

Alors que des milliers d’enfants migrants ont récemment été séparés de leurs parents, après avoir franchi la frontière entre le Mexique et les États-Unis, la diffusion d'enregistrements audio et d'images suscitent des commentaires contrastés.

De tout jeunes enfants qui appellent en sanglotant "papa" ou "maman". Et la voix d’un agent de la police aux frontières qui lance : "C’est un orchestre que nous avons là !".

L’enregistrement audio, diffusé mardi 19 juin par le site d’investigation ProPublica, illustre crûment une réalité dont ne filtraient jusqu’alors que les chiffres : plus de 2 300 enfants et jeunes migrants ont été séparés ces cinq dernières semaines de leurs parents accusés d'avoir franchi illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis, selon le dernier décompte, lundi, de l'administration Trump.

Il y aussi les images : celles d’adolescents et de jeunes enfants dans des espaces grillagés, près de la frontière avec le Mexique.

En tout, les autorités américaines retiennent 10 773 enfants et mineurs. "Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi", avait averti le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, le 7 mai 2018. Au nom de la "tolérance zéro" face à l'immigration clandestine, Donald Trump a encore revendiqué cette pratique lundi, affirmant qu'il ne laisserait pas les États-Unis devenir "un camp pour migrants" et blâmant les démocrates qu'il accuse de bloquer une réforme sur l'immigration.

L'ONU a dénoncé une politique "inadmissible" et "cruelle", tandis que l'ONG Amnesty International a fustigé "la sévère souffrance mentale infligée intentionnellement sur ces familles" pour "en décourager d'autres d'essayer d'entrer aux États-Unis". Quid de l’opinion publique américaine ? Les enregistrements audio et photos suscitent des réactions contrastées.

"Cessez cette politique inhumaine et barbare", a lancé Nancy Pelosi, cheffe du groupe démocrate à la Chambre des représentants, à Donald Trump après avoir visité un centre de rétention de San Diego, dans le sud de la Californie.

"J'ai vu des tonnes d'enfants massés ensemble dans de grands enclos grillagés", a témoigné, indigné, un sénateur démocrate, Chris Van Hollen, après avoir visité un centre dimanche au Texas.

Les critiques ne se limitent pas au camp démocrate. "Tous les Américains sont à juste titre horrifiés par les images que nous voyons aux informations, ces enfants en larmes retirés à leurs mères et à leurs pères. Cela doit cesser. Maintenant", a ainsi réagi le sénateur républicain Ted Cruz, élu du Texas, État frontalier du Mexique. L’adversaire de Trump aux primaires républicaines de 2016 a d’ailleurs annoncé qu'il déposerait une proposition de loi pour que cessent ces séparations.

"Ces images rappellent étrangement les camps d’internement américains de Japonais"

Sortant de sa réserve habituelle sur les sujets politiques brûlant, la Première dame Melania Trump a d'ailleurs déclaré, dimanche, tout en répétant les critiques de Donald Trump à l'encontre des démocrates, "détester voir des enfants séparés de leur famille". L'ex-Première dame Laura Bush est, elle aussi sortie de sa traditionnelle discrétion en dénonçant une politique "cruelle". "C’est immoral et ça me brise le cœur", a-t-elle notamment écrit dans une tribune publiée dans le Washington Post. "Ces images rappellent étrangement les camps d’internement américains de Japonais durant la Seconde Guerre mondiale, considérés aujourd’hui comme l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire américaine", a-t-elle ajouté. Une référence aux quelque 110 000 civils japonais et américains d'origine japonaise internés, en 1942 à la suite de l'attaque de Pearl Harbor, dans des centres appelés "War Relocation Camps".

Les mots forts de Laura Bush ont été retweetés par une autre ancienne occupante de la Maison Blanche, Michelle Obama, qui a commenté : "Parfois la vérité transcende les partis".

Un ancien chef de la CIA, Michael Hayden, est allé encore plus loin en tweetant : "D’autres gouvernements ont séparé les mères et les enfants", accompagné d’une photo en noir et blanc du camp nazi d’Auschwitz.

Mais plusieurs hauts responsables de la Maison Blanche assument les effets de la politique de "tolérance zéro" pour les enfants et mineurs. "Ce que nous faisons est juste. Nous prenons soin de ces enfants", a ainsi affirmé le ministre de la Justice Jeff Sessions. "Nous ne pouvons pas et n'allons pas encourager les gens à amener des enfants en leur donnant une vaste immunité face à nos lois", a-t-il encore déclaré en revendiquant clairement l'argument de la dissuasion des candidats à l'immigration illégale.

>> Enfants migrants aux États-Unis : "Leurs parents sont responsables", selon Marine Le Pen

Les enfants "sont bien traités" et les rumeurs de mauvais traitements "sont fausses", a renchéri, de son côté, la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, lundi. Interrogée sur l'absence de filles et de bébés sur les images diffusées, la ministre a répondu aux journalistes qu'elle examinerait la question.

Certains journalistes et commentateurs ultraconservateurs semblent adhérer à cette ligne dure. L’éditorialiste de Fox News, Laura Ingraham, a ainsi comparé les centres de rétention à des "colonies de vacances" et "des internats", tandis que la commentatrice politique américaine républicaine, Ann Coulter a qualifié les enfants migrants de "comédiens".

L’inflexibilité de l’administration Trump quant au sort des enfants séparés de leurs parents a été illustrée par l’attitude de la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders en conférence de presse lundi. Décontenancée par son absence de réaction, un journaliste l’a personnellement prise à partie en lui lançant : "Allez Sarah, vous êtes une mère, vous avez des jeunes enfants. N’avez-vous donc aucune empathie ?". L’intéressée est restée impassible.

Avec AFP

Première publication : 19/06/2018

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