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Pourquoi Donald Trump s’acharne contre Angela Merkel

Donald Trump s'en est violemment pris à la politique migratoire d'Angela Merkel ces deux derniers jours.
Donald Trump s'en est violemment pris à la politique migratoire d'Angela Merkel ces deux derniers jours. Saul Loeb, AFP

Politique migratoire généreuse, proximité avec Barack Obama, personnalité austère : tout oppose la chancelière allemande Angela Merkel et Donald Trump. À tel point que le président américain en a fait son bouc émissaire.

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Le président américain Donald Trump ne rate pas une occasion de taper sur l’Allemagne d’Angela Merkel. Mardi 19 juin, le locataire de la Maison Blanche a soutenu sur Twitter que les États-Unis ne devaient pas suivre l’exemple allemand où “la criminalité a augmenté de 10 % à cause de l’accueil des migrants”.

Angela Merkel n'en est pas à la première interférence de Trump dans les affaires intérieures du pays. La veille, le président américain s'était rangé officiellement du côté du ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer dans sa guerre ouverte contre la chancelière au sujet de la politique d’accueil des migrants.

Pire que Schröder et George W. Bush

Le président américain peut, en ce moment, se targuer d'avoir de bonnes raisons de s’en prendre à Angela Merkel. “Il fait face à une violente polémique chez lui au sujet de la manière dont les immigrés sont traités à la frontière et stigmatiser l’Allemagne est une manière de dire à son électorat, 'voilà ce qui arrive si on ne se montre pas suffisamment ferme’”, souligne Christiane Lemke, politologue spécialiste des États-Unis à l’Université d'Hanovre, contactée par France 24.

En dehors de ces considérations en matière de politique intérieure, “les relations, qui ont pu connaître des tensions à l’époque de Gerhard Schröder ou Konrad Adenauer, n’ont jamais été aussi profondément détériorées qu’aujourd’hui”, assure la spécialiste.

En effet, les sujets de crispations ne manquent pas. Sur le fond, Donald Trump reproche à l’Allemagne d’Angela Merkel d’exporter trop vers les États-Unis, ce qui ne plaît pas au président américain qui veut que la balance commerciale soit à son avantage avec tous les pays. Il soutient aussi que Berlin ne paierait pas son dû à l’Otan et profiterait abusivement de la protection militaire américaine.

L’hostilité affichée du président américain tient aussi à la personnalité même de la chancelière. “Elle a été présentée dans les médias comme la leader du monde libre [en opposition à Trump l’isolationniste, NDLR] peu après l’arrivée au pouvoir du nouveau président américain, ce qui a d’emblée mis les deux dirigeants en concurrence, que la chancelière le veuille ou non”, rappelle Heinz Gärtner, spécialiste des relations internationales à l’Institute for International Peace de Vienne, contacté par France 24.

Tous logés à la même enseigne ?

La dirigeante allemande fait aussi les frais de l’obsession de Donald Trump envers Barack Obama avec lequel, Angela Merkel "avait réussi à nouer de très bonnes relations, ce qui est une tare pour Donald Trump, qui passe son temps à essayer de détruire tout ce que son prédécesseur à la Maison Blanche a fait”, remarque Christiane Lemke.

D’après ces deux spécialistes, le plus difficile à évaluer est le rôle joué par les différence de personnalité entre les deux dirigeants. “Angela Merkel agit toujours de manière réfléchie, rationnelle et logique, alors que le président américain préconise la spontanéité et l’impulsivité, ce qui ne doit pas faciliter les échanges”, reconnaît la politologue allemande. Mais le dirigeant américain est “trop malin”, d’après Heinz Gärtner, pour que ces divergences affectent son grand dessein, qui est d’obtenir avec chaque pays “le meilleur deal possible pour les États-Unis”.

Cet expert autrichien met en garde contre la tentation d'exagérer les tensions qui peuvent exister entre Donald Trump et Angela Merkel. Pour lui, le dirigeant américain aborde ses relations avec la chancelière allemande de la même manière “brutale” qu’avec les autres dirigeants. Il se trouve que l’Allemagne, en raison de sa puissance économique, est plus souvent au centre des préoccupations de Donald Trump. “La manière dont il a traité le chef du gouvernement canadien Justin Trudeau après le dernier G7, ou encore les critiques adressés à la Première ministre britannique Theresa May [notamment sa politique à l’égard de la communauté musulmane, NDLR], ne sont pas si différentes”, assure-t-il.

Donald Trump fuit tout multilatéralisme pour pouvoir, du haut de la puissance américaine, établir des relations bilatérales dans lesquelles, selon Heinz Gärtner, il est en position de force. Il appliquerait, ainsi, les recettes de l’homme d’affaires, qui cherche à exploiter toutes les faiblesses possibles de la partie adverse pour en tirer le profit maximum.

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