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Enfants migrants séparés de leurs parents : Donald Trump persiste et signe

Donald Trump a rendu visite à la majorité républicaine au Congrès ,mardi 19 juin 2018.
Donald Trump a rendu visite à la majorité républicaine au Congrès ,mardi 19 juin 2018. Alex Wroblewski, Getty Images, AFP

De plus en plus critiqué, le président américain revendique sa politique de "tolérance zéro" à la frontière. Il a rencontré mardi soir sa majorité républicaine afin d'avancer sur une vaste réforme de l'immigration.

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Donald Trump tient le cap de sa politique de "tolérance zéro" aux frontières. Il a appelé mardi 19 juin les républicains à avancer sur une vaste réforme de l'immigration qui mettrait fin aux séparations des familles de clandestins tout en finançant son mur à la frontière avec le Mexique.

"Vous avez pourtant des enfants, M. le président. Est-ce que vous aimeriez qu'on sépare vos enfants ?", lui a crié un élu démocrate à sa sortie d'une rencontre mardi sur ce sujet brûlant avec sa majorité républicaine. Une interpellation virulente rarissime de la part de parlementaires dans les couloirs du Capitole, qui témoigne bien de l'indignation provoquée par l'affaire des plus de 2 300 enfants séparés de leurs familles depuis début mai.

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Sans leur répondre, le président a salué les caméras avant de s'éloigner. Se réjouissant d'avoir eu une "excellente réunion" de 45 minutes, il a déclaré aux journalistes que les lois sur l'immigration en vigueur sont "violées depuis des années, des décennies".

Pendant la réunion, le président a assuré qu'il soutiendrait tout projet républicain de loi qui réglerait "la crise à la frontière et le problème des séparations de familles en permettant la rétention et l'expulsion des familles" sans les séparer, à condition qu'il inclue ses autres exigences : "construire le mur" à la frontière mexicaine et limiter l'immigration légale, selon son porte-parole, Raj Shah. Parmi ces "piliers" réclamés par Donald Trump, figurait également jusque-là une solution pour les centaines de milliers de jeunes arrivés sans papiers aux États-Unis, les "Dreamers", qui ne sont pas mentionnés ici.

Images de petits en pleurs, enregistrements de leurs voix angoissées : les séparations systématisées à la frontière depuis début mai hérissent pourtant jusqu'au sein même de son parti républicain, qui jouera sa majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre.

Mais porté par des sondages montrant un soutien majoritaire à sa fermeté chez les électeurs républicains, Donald Trump et son gouvernement assument la logique derrière la nouvelle politique annoncée début mai : pour lutter contre l'immigration illégale, tous les clandestins franchissant la frontière sont désormais poursuivis au pénal. Puisque les mineurs ne peuvent pas être incarcérés avec leurs proches, il faut donc "séparer les enfants" jusqu'à ce qu'on change la loi, a-t-il encore martelé mardi.

Familles "otages"

Donald Trump accuse les démocrates d'avoir laissé la situation se détériorer et ciblent sans relâche l'opposition. "Les démocrates sont le problème. Ils se fichent de la criminalité et veulent que les immigrés illégaux, peu importe à quel point ils sont dangereux, déferlent et infestent notre pays", a-t-il tweeté.

"Le président continue d'utiliser ces familles séparées comme des otages" pour obtenir sa réforme de l'immigration, a rétorqué mardi le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. Et de lancer : "M. le président, vous seul pouvez régler" le problème des séparations.

Affichant leur malaise face au sort des enfants soumis à une "souffrance inutile", mais sans remettre en cause la politique de Donald Trump, des sénateurs républicains ont eux assuré mardi vouloir voter sans plus attendre une loi "d'urgence" qui permettrait aux familles de rester ensemble. D'autres exprimaient clairement leur dégoût face à cette pratique "cruelle", comme le sénateur républicain John McCain, critique habituel du président, qui a dénoncé "un affront" aux valeurs américaines.

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Pour protester contre une politique qu'ils ne veulent pas endosser, deux gouverneurs républicains et deux démocrates ont refusé d'envoyer leur Garde nationale pour contrôler la frontière avec le Mexique, tandis que le dirigeant démocrate de la Virginie a rappelé mardi ses troupes déjà déployées.

Avec AFP

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