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Réfugiés: Washington vante sa tradition d'accueil malgré un coup de frein sans précédent

© AFP/Archives | Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo s'exprime au département d'Etat à Washington le 19 juin 2018

WASHINGTON (AFP) - 

Les Etats-Unis ont vanté mercredi leur tradition d'accueil des réfugiés, au moment même où Donald Trump fait à nouveau des vagues avec sa rhétorique antimigrants et alors que les réinstallations des plus vulnérables ont subi un coup de frein sans précédent.

A l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a salué dans un communiqué "la force, le courage et la résistance de millions de réfugiés à travers le monde qui ont été contraints de fuir leur maison en raison des persécutions ou de la guerre". "Nous continuerons à aider les réfugiés les plus vulnérables, conformément aux valeurs profondes du peuple américain", a-t-il assuré.

Le chef de la diplomatie américaine met en avant l'effort de Washington sur la durée: "depuis 1975, les Etats-Unis ont accepté plus de 3,3 millions de réfugiés pour une installation permanente, plus que tout autre pays au monde".

Ce qu'il ne dit pas, c'est que leur nombre a drastiquement chuté.

En septembre, Donald Trump avait déjà fixé le quota de réfugiés que les Etats-Unis sont prêts à accepter dans le cadre de leur politique dite de réinstallation à 45.000, un plus bas historique depuis le lancement de ce programme en 1980 --- contre 110.000 lors de la dernière année sous son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Mais entre le 1er octobre et le 15 juin, alors que plus des deux tiers de l'année budgétaire 2018 se sont écoulés, seulement 15.383 personnes ont été admises. Ces réfugiés sont sélectionnés par les agences de sécurité et de renseignement américaines dans les camps des Nations unies à travers le monde, essentiellement parmi les plus vulnérables comme les personnes âgées, les veuves et les handicapés.

- Séparation des familles -

"La réinstallation de réfugiés aux Etats-Unis est à l'arrêt", déplore l'International Rescue Committee dans un rapport publié à l'occasion de la journée mondiale. Selon cette organisation non gouvernementale, une série de décisions de l'administration Trump vont ainsi aboutir à l'accueil de pas plus de 21.000 réfugiés sur le sol américain au cours de l'année budgétaire 2018, soit "le plus faible nombre d'arrivées dans l'histoire du programme au moment où les besoins mondiaux n'ont jamais été aussi grands".

En 2016, les réinstallations avaient concerné 84.994 réfugiés.

Soumise à un examen de passage symbolique par une autre ONG, Refugees International, la politique du gouvernement américain depuis l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche début 2017 subit un échec retentissant. "L'administration Trump a affaibli de manière significative les lois américaines concernant les réfugiés ainsi que les politiques humanitaires", écrit-elle dans un autre rapport.

"Cela inclut bien entendu la séparation inhumaine des familles de demandeurs d'asile à la frontière sud-ouest des Etats-Unis", ajoute Refugees International.

Les image d'enfants séparés de leurs parents, au nom de sa nouvelle politique de "tolérance zéro", ont choqué l'Amérique et le monde, poussant le président américain, jusque-là arc-bouté sur une ligne très dure, à accepter mercredi d'y mettre fin.

Mais pour Refugees International, Donald Trump est plus largement coupable d'induire l'opinion en erreur quant au danger que représenterait l'arrivée de musulmans.

"Les Etats-Unis vont continuer à donner la priorité à l'admission des réfugiés les plus vulnérable tout en préservant la sécurité et la sûreté des Américains", a assuré mercredi Mike Pompeo.

Face aux critiques, il a d'ailleurs préféré mettre l'accent sur d'autres volets de la politique américaine. "Les Etats-Unis apportent plus d'aide humanitaire que tout autre pays au monde, y compris aux réfugiés", avec "plus de 8 milliards de dollars d'assistance vitale" l'an dernier, a-t-il ajouté.

"Cette assistance est fournie aussi près que possible des pays d'origine des réfugiés pour faciliter leur retour volontaire", a expliqué le secrétaire d'Etat, citant la crise des musulmans rohingyas en Birmanie, la République démocratique du Congo ou encore la Syrie.

© 2018 AFP