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Economie

La Grèce prête à se passer d’aide financière internationale

© Louisa Gouliamaki, AFP | Alexis Tsipras, Premier ministre grec, attend depuis 2015 la fin de la tutelle financière européenne sur son pays.

Vidéo par Axel MAY

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/06/2018

L’Union européenne a validé, dans la nuit de jeudi à vendredi, la fin du troisième et dernier plan de soutien financier de la Grèce. Un événement qualifié un peu vite d’historique.

L’Europe libère la Grèce… en apparence. L'Eurogroupe a acté, dans la nuit du vendredi 22 juin, la fin du troisième et dernier plan d’aide, avec le versement du dernier prêt de 15 milliards d’euros. Les ministres des Finances de la zone euro ont présenté, à cette occasion, le détail du programme qui doit permettre à Athènes de voler de ses propres ailes financières à partir du mois d’août.

À Bruxelles, l’événement est qualifié d’historique. Il met fin à la plus longue période dans l'histoire de l' UE de mise sous tutelle financière d’un pays.

"La Grèce est un autre pays aujourd’hui"

La Grèce est le dernier des trois pays européens sauvés de la faillite à couper le robinet à financements internationaux. L’Irlande et le Portugal ont déjà retrouvé le chemin des marchés financiers – respectivement en 2013 et 2017 – et leur redressement économique a été qualifié de réussite par l’UE. Bruxelles tente, à présent, de présenter la situation grecque sous le meilleur jour économique possible.

"La Grèce est un autre pays aujourd’hui, capable de reprendre en main son avenir économique et social", a déclaré Mario Centeno, le président portugais de l’Eurogroupe. La croissance est repartie à la hausse (1,4 % en 2017) et le chômage a entamé une légère baisse. Athènes a aussi réussi, en février, à lever un peu d’argent sur les marchés avec une première émission de dette depuis 2010.

"Certes, on peut se réjouir que la Grèce retrouve une certaine autonomie, mais à quel prix ? Est-ce que le retour sur les marchés est réellement un bon indicateur de succès ?", s’interroge Christophe Blot, spécialiste de l’économie européenne à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il trouve l’optimisme européen mal placé. Le taux de croissance est très loin d’effacer près de dix ans d’austérité, qui ont contribué à réduire le PIB grec de près de 25 %, et le taux de chômage reste, à 21 % de la population active, parmi les plus élevés d’Europe. En huit ans, l’aide internationale, conditionnée à l’adoption de réformes économiques drastiques, a mis la Grèce socialement à genou et "contribué à décrédibiliser les institutions européennes", note le New York Times.

230 milliards d’euros à rembourser

"La fin du troisième plan d’aide ne signifie pas que la Grèce n'a plus d'obligations envers l’Union européenne”, rappelle le spécialiste. Athènes est loin d’avoir remboursé toutes ses dettes. Il lui reste à payer 230 milliards d’euros, hérités des trois plans de sauvetage (2010, 2012, 2015).

L’un des enjeux des négociations à l’Eurogroupe était de trouver un calendrier des remboursements acceptables par tous, avant août et la sortie définitive de la Grèce du programme d’aide international. Les ministres des Finances de la zone euro ont accepté d'allonger de dix ans les échéances de remboursement d'une grande partie de cette dette. Ceci permettra à Athènes de ne commencer à rembourser une partie des prêts qu'à partir de 2032, contre 2022 jusqu'à présent. Mais la Grèce va encore pendant longtemps signer des chèques à Bruxelles, le remboursement pouvant s’étaler sur près de 70 ans.

Le pays n’en a pas non plus encore fini avec l’un des aspects les plus honnis par les Grecs de cette aide internationale : les réformes demandées par la Troïka en échange de son soutien financier. Le Parlement grec a ainsi adopté 88 nouvelles mesures "pour des finances saines". Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a aussi accepté que des représentants de l’Eurogroupe se rendent à Bruxelles tous les trois mois, afin de constater l’évolution de la situation financière. Ces visites continueront jusqu’à ce la Grèce ait remboursé 75 % de l’argent qu’elle doit. Vu d'Athènes, même si l'événement est historique, l'impression qu'une forme de tutelle européenne sur la Grèce continue à exister risque de perdurer.

Première publication : 21/06/2018

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