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Reporters

Vidéo : les opposants turcs traqués jusqu'en Europe

Capture d'écran France 24

À la veille des élections présidentielle et législatives en Turquie, notre reporter est partie à la rencontre des opposants turcs, peu audibles dans les médias officiels. Depuis le coup d’État avorté de 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, des milliers d’entre eux ont fui la Turquie et se sont réfugiés en Europe. Ils croyaient pouvoir y vivre en sécurité et conserver leur liberté de parole, mais ils sont contraints de se cacher, dans la peur d’être arrêtés.

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En Turquie, au lendemain de la tentative de coup d’État de juillet de 2016, les arrestations et les purges massives ont poussé les opposants gulénistes, les militants pro-kurdes et certains journalistes d'opposition à se réfugier à l’étranger, et notamment en Grèce, dans les Balkans ou encore en Allemagne. En 2017, plus de 14 000 Turcs ont ainsi demandé l’asile en Europe, dont plus de la moitié en Allemagne. C’est 250 % de plus qu’avant la tentative de coup d’État.

Malgré cet exil, leur répit est de courte durée. Services de renseignement, avis de recherches d’Interpol ou encore réseaux d’activistes pro-Erdogan : le gouvernement turc utilise tous les moyens pour les retrouver, les juger et les faire condamner. Depuis deux ans, Ankara assure ainsi avoir interpellé 80 "gulénistes" à travers 18 pays.

>> Exclusif : "Les putschistes avouent que les instructions sont venues de Gülen", déclare Erdogan

En Allemagne, les membres de la confrérie de Fetullah Gülen, ennemi juré du président Erdogan accusé d’être derrière le coup d’État manqué, préfèrent se faire discrets. Considérés comme des "terroristes" en Turquie, ils craignent d’être repérés par le MIT, les redoutables services secrets turcs, tandis que certains éditorialistes n’hésitent pas à lancer des appels à la télévision encourageant à les éliminer.

>> Exclusif : Gülen a rencontré un homme lié au coup d’État, mais rejette les accusations d'Erdogan

Face à cette menace, certains opposants se sentent obligés de vivre sous protection. C'est le cas de Can Dündar, ancien rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet. Bien que refugié dans une ville d’Allemagne tenue secrète, le journaliste ,qui est devenu l’un des opposants les plus célèbres à Erdogan, affirme être toujours menacé.

Quant à l’écrivain germano-turc Dogan Akhanli, il a été arrêté pendant ses vacances en Espagne en août 2017 à la suite de la publication d’une notice rouge d’Interpol. Il a passé deux mois en résidence surveillée à Madrid avant de pouvoir regagner l’Allemagne.

>> Webdocumentaire : "La grande purge, quatre destins bouleversés par l'état d'urgence en Turquie"

Le pouvoir turc n'utilise pas que les moyens étatiques et juridiques pour arriver à ses fins. Il peut aussi faire appel à des activistes qui ont recours à la violence. En Allemagne, les chefs du gang Osmanen Germania (Germanie ottomane) se trouvent devant la justice. Leur procès, qui s'est ouvert en mars, a révélé qu’ils recevaient des ordres et étaient financés par un proche du président Erdogan.

À la veille des élections présidentielle et législatives en Turquie, notre reporter Marine Pradel est partie à la rencontre d'opposants turcs en Allemagne, où le secret domine. Pour raisons de sécurité, ils refusent de révéler leurs emplacements exacts et certains veulent rester anonymes.

>> Infographie : Les six candidats à la présidentielle turque
 

DROIT DE RÉPONSE

Suite à la diffusion de ce reportage, Interpol tient à apporter les précisions suivantes :

Toutes les notices rouges doivent être conformes à la réglementation d’INTERPOL.

Elles doivent notamment être conformes à l’article 2 de son Statut, qui mentionne expressément la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi qu’à l’article 3, aux termes duquel "[t]oute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial est rigoureusement interdite à l’Organisation".

Il existe plusieurs niveaux de contrôle garantissant la conformité des notices rouges avec la réglementation d’INTERPOL, y compris un groupe de travail spécial multidisciplinaire composé de juristes, de policiers, d’analystes et de spécialistes opérationnels au Secrétariat général d’INTERPOL.

Ce groupe de travail étudie avec soin chaque demande pour une notices rouge afin de s’assurer de sa conformité avec le Statut de l’Organisation et sa réglementation.

Si une demande pour une notice rouge n’est pas conforme, elle n’est pas publiée.

Toute personne peut demander à la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF) de lui faire savoir si des informations la concernant sont enregistrées dans les bases de données d’INTERPOL. La soumission d'une demande à la Commission est gratuite.

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