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La victoire d'Erdogan "prouve la droitisation complète de la Turquie"

Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul le 24 juin 2018.
Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul le 24 juin 2018. Adem Altan, AFP

Recep Tayyip Erdogan a remporté son pari de rester aux commandes du pays avec des pouvoirs élargis. Pour cela, l'hyperprésident s'est allié à l'extrême droite. Le spécialiste Gauthier Rybinski y voit "la droitisation complète" du pays.

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Les coudées franches. Recep Tayyip Erdogan, qui a revendiqué dimanche soir sa victoire à l'élection présidentielle en Turquie et celle de son parti AKP aux législatives, a remporté le grand pari qu'il s’était lancé, afin d’élargir ses pouvoirs. À 64 ans, il est assuré de diriger la Turquie au moins jusqu'en 2023.

Sur la base de plus de 99 % des bulletins de vote dépouillés, le président Erdogan a obtenu dès le premier tour 52,5 % des suffrages. Son rival le plus sérieux, Muharrem Ince, qui a atteint les 31 %, a reconnu sa défaite.

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"Recep Tayyip Erdogan a gagné pour plusieurs raisons, estime Gauthier Rybinski, spécialiste des questions internationales à France 24. Notamment parce qu’il a réussi une synthèse entre deux idéologies qui se sont souvent affrontées en Turquie, à savoir la religion, l’islam donc, et le nationalisme incarné par le kémalisme [l'héritage laïque et autoritaire du père fondateur de la république turc Mustafa Kemal, NDLR]. Il a réussi son pari, en s’alliant avec le parti d’extrême droite MHP, ce qui prouve la droitisation complète de la société turque, à la fois sur le plan religieux et politique."

"Vote légitimiste"

Selon Gauthier Rybinski, le chef d'État, qui règne sur la Turquie depuis quinze ans, a "manifestement bénéficié d’un vote légitimiste" de la part d’une majorité de la population, et profité de la fragmentation de l’opposition. "Enfin, son message, selon lequel la Turquie est menacée de toutes parts, qu’elle serait l’objet d’une haine internationale, c’est-à-dire une sorte de paranoïa qui fait que l’on se sent traqué et malaimé, lui a permis de cimenter son électorat."

>> En images : la Turquie des années Erdogan

Aux législatives qui avaient eu lieu également, dimanche, l'AKP (Parti de la justice et du développement), la formation islamo-conservatrice du chef de l’État, a obtenu 42,5 % des voix et ses alliés du MHP (Parti d'action nationaliste) recueillent 11,1 %.

Sur la base de résultats encore provisoires, l'AKP et le MHP devraient détenir 343 sièges sur les 600 que compte le parlement (293 pour l'AKP et 50 pour les nationalistes).

Avec Reuters

 

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