Accéder au contenu principal

Réélection d'Erdogan : pour l'UE, la campagne électorale turque "n'était pas équitable"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, après sa victoire à l'élection préisdentielle du 25 juin 2018.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, après sa victoire à l'élection préisdentielle du 25 juin 2018. Bulent Kilic, AFP

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a critiqué lundi les conditions de la campagne électorale en Turquie, estimant qu'elles n'avaient pas été "équitables".

PUBLICITÉ

Au lendemain de la réélection au premier tour du président turc Recep Tayyip Erdogan, les grandes institutions européennes ont critiqué le déroulement de la campagne électorale. La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a estimé lundi 25 juin qu'elle n'avait pas été "équitable".

Dans un communiqué conjoint avec le commissaire européen à l'Élargissement, Johannes Hahn, elle a pris acte de l'évaluation de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, qui ont dénoncé dans un rapport préliminaire l'absence "d'opportunités égales pour les candidats".

>> À lire : La victoire d'Erdogan "prouve la droitisation complète de la Turquie"

"Comme la mission d'observation des élections par l'OSCE l'a évalué, les électeurs avaient un véritable choix mais les conditions de campagne n'étaient pas équitables", ont-ils déclaré.

"En outre, le cadre juridique restrictif et les pouvoirs conférés par l'état d'urgence en cours restreignent les libertés de réunion et d'expression, y compris dans les médias", ont ajouté Federica Mogherini et Johannes Hahn, qui s'engagent néanmoins à "travailler avec le président Erdogan et le parlement turc pour répondre ensemble aux nombreux défis communs qui nous attendent".

Le président Recep Tayyip Erdogan a remporté dimanche un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés à la tête de la Turquie et l'alliance dominée par son parti a obtenu la majorité au Parlement. L'opposition a reconnu sa défaite, tout en déplorant une campagne injuste.

Dans un télégramme de félicitations, le président russe Vladimir Poutine "a souligné que les résultats de l'élection attestent pleinement de la grande autorité politique de Recep Tayyip Erdogan". Sa réélection témoigne "du large soutien accordé au cap fixé sous sa direction sur les questions sociales et économiques auxquelles la Turquie est confrontée, et au renforcement de la position du pays en termes de politique étrangère", selon le Kremlin.

>> En images : la Turquie des années Erdogan

"Pas d'informations équilibrées"

Le rapport de l'OSCE et du Conseil de l'Europe met en avant les conditions de campagne inéquitables des différents partis, notamment sur le plan médiatique, le parti au pouvoir et le président sortant bénéficiant d'une couverture "plus favorable".

"Les organes médiatiques, dont l'audiovisuel public, n'ont pas offert aux électeurs des informations équilibrées sur les différents candidats", selon l'OSCE.

Et ce, même après que les résultats aient été communiqués. "La télévision publique turque n'a pas diffusé la conférence de l'opposant Muharrem Ince où il reconnaissait sa défaite, il a fallu se rendre sur un autre média international pour la suivre", relate Julie Dungelhoeff, envoyée spéciale de France 24 à Istanbul.

De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a félicité le président Erdogan pour sa réélection, tout en rappelant les "valeurs fondamentales" de l'Alliance.

>> Voir l'entretien : l’État turc est "extrêmement faible", selon l'historien Edhem Eldem

Des tensions sont apparues avec certains membres de l'Otan, notamment à cause du rapprochement entre Moscou et Recep Tayyip Erdogan, qui a signé un contrat pour l'achat de missiles de défense aérienne russes. Par ailleurs, les purges massives qui ont touché des opposants et des journalistes après une tentative manquée de putsch en juillet 2016 ont suscité l'inquiétude de l'Europe.

"L'Otan est fondée sur quelques valeurs fondamentales : la démocratie, l'État de droit, les libertés individuelles. Personnellement, j'attache beaucoup d'importance à ces valeurs et je souligne leur importance dans de nombreuses capitales de l'Otan, dont Ankara, quand j'y rencontre des dirigeants turcs", a ajouté Jens Stoltenberg à Luxembourg.

"La Turquie n'est pas en position de donner aux autres pays des leçons de démocratie, lorsque le chef de l'opposition [kurde Selahattin Demirtas] est en prison depuis longtemps", a déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström. "La question kurde et les développements économiques de la Turquie sont des défis graves. Nous sommes inquiets de la façon dont a évolué la Turquie récemment", a-t-elle indiqué.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.