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L'Argentine paralysée par une grève générale contre la rigueur et le FMI

Les manifestants défilent le long de l'avenue du 9-Juillet de Buenos Aires, lundi 25 juin.
Les manifestants défilent le long de l'avenue du 9-Juillet de Buenos Aires, lundi 25 juin. Eitan Abramovich, AFP

Les syndicats ont débuté une grève lundi en Argentine, dénonçant la politique de rigueur du gouvernement de centre-droit et un accord avec le FMI pour un prêt de 50 milliards de dollars, synonyme, pour eux, de nouveaux sacrifices en perspective.

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De l'avis de la Confédération générale des travailleurs (CGT, principale centrale syndicale), il s'agit de la grève "la plus importante des huit dernières années". Aucun avion, train, bus ou taxis ne circulait, lundi 25 juin, à Buenos Aires. Les écoles publiques étaient fermées et la plupart des Argentins ne se sont pas rendus au travail.

Des groupes plus radicaux ont aussi organisé des manifestations pour couper l'accès à la capitale argentine, où des centaines de membres des forces de l'ordre ont été déployés. L'activité devait reprendre mardi, notamment dans les aéroports du pays. "Une grève générale n'est pas suffisante. Un plan de lutte est nécessaire, pour mettre en échec ce plan de guerre contre les travailleurs", a lancé sur un barrage routier Marcelo Ramal, un dirigeant du Parti ouvrier.

Les organisateurs protestent contre la politique de rigueur du gouvernement de centre-droit, dans un contexte de ralentissement de l'économie et d'inflation de plus de 20 % qui plombe le pouvoir d'achat. À cela s'ajoute un accord avec le FMI - mal vu de la population, qui le rend responsable de la dégradation de l'économie depuis 17 ans - pour un prêt de 50 milliards de dollars, synonyme de nouveaux sacrifices en perspective.

"Si tu veux que tes droits ne soient pas piétinés, tu dois lutter"

Les revendications portent avant tout sur les salaires. La hausse des prix sur les 12 derniers mois est de 26 % et l'inflation annuelle pourrait atteindre 30 % en 2018. Les syndicats demandent la réouverture des négociations paritaires, tenues avant la crise du peso d'avril-juin, au cours de laquelle le peso a perdu environ 30 % de sa valeur.

"Si tu veux que tes droits ne soient pas piétinés, tu dois lutter", assure Claudio Barteloot, un chauffeur d'autobus en grève. Le dirigeant syndical des routiers Hugo Moyano a regretté que "le gouvernement soit incapable d'apporter des solutions. Il est instrumentalisé, il s'est rendu au FMI".

Le ministre de l'Économie Nicolas Dujovne a estimé que la grève coûterait un milliard de dollars à la troisième économie d'Amérique latine. Signe d'incertitude, la Bourse de Buenos Aires a chuté de 4,47 % lundi.

Le chef de l’État Mauricio Macri est arrivé au pouvoir fin 2015, après 12 ans de présidence de Nestor (2003-2007) puis Cristina Kirchner (2007-2015). L'homme d'affaires a supprimé nombre de subventions notamment aux services d'électricité, de gaz et d'eau. La hausse de ces factures ainsi que de celles des transports publics ont contribué à peser sur le pouvoir d'achat des Argentins. L'objectif du gouvernement, contenu dans l'accord avec le FMI, est de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2020.

Avec AFP

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