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Trump s'en prend à Harley-Davidson, qui veut délocaliser pour éviter les taxes

À la Bourse de New York lundi, le titre du constructeur de motos Harley-Davidson a chuté de 5,97 %.
À la Bourse de New York lundi, le titre du constructeur de motos Harley-Davidson a chuté de 5,97 %. Sajjad Hussein, AFP

Le président américain s'est dit "surpris" lundi soir, par la décision du constructeur mythique de motos de délocaliser une partie de sa production pour échapper aux mesures de rétorsions douanières européennes contre l’administration Trump.

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Donald Trump a sèchement critiqué lundi le constructeur de motos Harley-Davidson, qui a annoncé son intention de délocaliser une partie de sa production hors du territoire américain pour échapper aux taxes douanières décidés par l'Union européenne (UE), dans le cadre de la guerre commerciale lancée par le président des États-Unis.

"Surpris que de toutes les compagnies Harley-Davidson soit la première à hisser le drapeau blanc. Je me suis battu dur pour eux et finalement ils ne vont pas payer les droits de douane dans l'UE", écrit le milliardaire sur compte Twitter. Et d’ajouter : "Les taxes sont seulement une excuse pour Harley – soyez patients !".

Bruxelles a décidé d'imposer des taxes douanières sur une série de produits en provenance des États-Unis à titre de représailles après la décision de Donald Trump d'imposer des droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés d'Europe. Les Européens ont choisi de manière ciblée les produits concernés, notamment ceux qui touchent les États dirigés par les Républicains. Les célèbres motos Harley-Davidson, les jeans, le bourbon ou encore le beurre de cacahuètes, font partie des produits qui seront désormais taxés à leur entrée sur le territoire de l'UE.

Des taxes qui passent de 6 % à 31 %

Installé depuis 115 ans à Milwaukee, dans le Wisconsin, l'État de Paul Ryan, le chef des républicains à la Chambre des représentants, le mythique constructeur de motocycles a expliqué sa démarche dans un document présenté lundi. Selon le texte, les droits prévus par les Européens, qui passent de 6 % à 31 %, se traduiraient par une hausse de 2 200 dollars (1 900 euros) en moyenne le prix au détail d’une moto exportée depuis les États-Unis vers l'Union européenne. Actuellement, le prix d'entrée de gamme de Harley-Davidson est en France de 7 490 euros. À la Bourse de New York lundi, son titre a chuté de 5,97 %.

Sur France 24 >> Guerre commerciale : la débâcle des dernières grandes mesures protectionnistes américaines

Harley estime que les tarifs douaniers européens vont se traduire par une hausse des coûts comprise entre 30 et 45 millions de dollars pour le reste de 2018 et d'une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine. "Voilà une nouvelle preuve des dommages entraînés par l'application unilatérale de taxes. La meilleure façon d'aider les travailleurs et manufacturiers américains est de leur ouvrir de nouveaux marchés et pas d'imposer de nouvelles barrières sur leurs propres marchés", a commenté Paul Ryan.

Double peine

Donald Trump avait promis de redonner tout son prestige au constructeur emblématique lorsqu'il avait pris ses fonctions l'an passé. Mais depuis, les mesures commerciales décrétées par le président américain se sont surtout traduites par des coûts pour Harley-Davidson.

Doublement touché par la guerre commerciale en cours, le constructeur expliquait fin avril que les taxes imposées sur l'acier et l'aluminium allaient entraîner une hausse de 15 à 20 millions de dollars des coûts de fabrication pour le reste de l'année.

Interrogé sur les déclarations du conseiller présidentiel, un porte-parole de Harley a répondu que la compagnie avait clairement exposé sa position dans le document présenté lundi.

En 2017, Harley a vendu près de 40 000 nouveaux modèles en Europe, ce qui représente plus de 16 % des ventes de la société. Les revenus tirés du marché européen sont les deuxièmes en valeur derrière ceux tirés du marché américain. Accroître la production à l'étranger pourrait prendre entre 9 et 18 mois, juge le constructeur, qui dispose de trois unités d'assemblage au Brésil, en Inde et en Thaïlande.

Ironie de l’histoire, Harley-Davidson avait été l'un des premiers groupes estampillés USA à visiter la Maison Blanche en février 2017 pour illustrer la stratégie industrielle de "l'Amérique d'abord" du président Donald Trump, tout juste élu. Ce dernier avait salué "ce fleuron américain" et exprimé sa confiance dans le fait que la compagnie allait augmenter sa capacité industrielle sur le territoire américain.

Avec AFP et Reuters

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