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Un procès pour proxénétisme de mineures s'ouvre à Paris

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Image d'illustration. Loïc Venance, AFP

Ils prenaient les filles en photo dénudées, couchaient avec elles en guise de "test" avant d'envoyer les annonces sur Internet : douze hommes sont jugés à Paris pour avoir prostitué des jeunes filles, la plupart mineures, en Île-de-France.

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Face à la présidente se dressent, au premier jour du procès, lundi 26 juin, les douze prévenus, âgés pour la plupart de 22 et 23 ans. Les proxénètes présumés recrutaient les filles sur les réseaux sociaux, souvent sur Instagram et Twitter. Ils prenaient les filles en photo en sous-vêtements, puis envoyaient l'annonce sur un site spécialisé. Les faits se déroulaient à Paris, Clichy (Hauts-de-Seine), Juvisy-sur-Orge (Essonne) mais aussi en Belgique, dans des appartements loués à la semaine ou des hôtels.

Sur le banc des parties civiles, trois associations sont représentées. Mais pas de victime. Parmi les seize jeunes filles identifiées, onze sont mineures. Seulement deux se sont constituées partie civile, mais une seule devrait venir témoigner, l'autre ayant trop peur. Elles seront les grandes absentes de ce procès qui doit durer jusqu'au 3 juillet.

"Ils savaient que nous étions mineures. (...) Ils nous ont testées sans préservatif, en alternant les partenaires", a raconté Jaëlle aux enquêteurs. On lui aurait promis 700 euros, elle a gagné 200 euros, pour 6 ou 7 clients par jour. Au pédopsychiatre, Jaëlle a expliqué qu'elle se sentait "sale".

"Elle avait l'âge d'être collégienne"

Fatoumata avait 15 ans au moment des faits, fin 2015. Après une fugue, elle se rend à la police avec sa mère. Elle explique qu'elle était à Suresnes (Hauts-de-Seine) chez son "patron". Son travail ? "Escort". Comment a-t-elle connu cet homme ? "Avec une amie". Était-elle consentante ? "Oui".

"Si le client donnait 200 euros, on savait qu'il y en avait pour une heure", a-t-elle raconté aux enquêteurs. Elle a réussi à s'enfuir, mais son proxénète est allée la chercher à son collège. "Oui, elle avait l'âge d'être collégienne", souligne la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel, en lisant le dossier. "Dès le début, toutes ces jeunes filles décrivent à peu près la même chose", résume-t-elle.

"Vous parlez comme un chef d'entreprise"

"Vous parlez comme un chef d'entreprise", a dit la présidente à un prévenu, Stéphane Kessie, qui aurait été l'un des chefs de ce réseau, dont l'organisation fait penser au trafic de drogue. Le chiffre d'affaires pour une semaine dans un appartement avec quatre filles s'élevait à 7 000 euros, a-t-il reconnu. Les filles ont parlé d'un "abattage".

"Mes filles", "mon argent", dit un autre prévenu, Mohamed Kante, qui a déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une autre affaire de proxénétisme. Les menaces par téléphone, enregistrées par les enquêteurs ? "J'ai fait un peu d'intimidation", reconnaît-il à peine.

Il y a actuellement, selon le parquet général, environ 70 enquêtes de police sur le ressort de la cour d'appel de Paris pour des faits de proxénétisme, similaires à cette affaire. "Depuis quelques années, aux côtés des réseaux criminels étrangers de traite d'êtres humains, les affaires portant sur des faits de proxénétisme des cités se multiplient", a alerté mi-juin la procureure générale Catherine Champrenault.

Avec AFP

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