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Nigeria : plus de 200 morts dans des violences dans le centre du pays

Manifestation contre le bain de sang en cours dans le centre du Nigeria, organisée à Abuja, le 14 mars 2018.
Manifestation contre le bain de sang en cours dans le centre du Nigeria, organisée à Abuja, le 14 mars 2018. AFP

Plus de 200 personnes ont été tuées ces derniers jours, dans le centre du Nigeria, au cours de violences entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens.

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Les violences entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs chrétiens berom qui ont éclaté au cours du week-end dans l'État du Plateau, dans le centre du Nigeria, ont fait "plus de 200 morts", selon le gouverneur de cette région, Simon Lalong.

Dans un discours publié mercredi 27 juin, et adressé au président du Nigeria, Muhammadu Buhari, Simon Lalong a dit regretter la "perte douloureuse de plus de 200 personnes", tuées par des membres présumés de l'ethnie peule dans une vague de violences intercommunautaires qui a fait des centaines de morts depuis le début de l'année dans les États centraux du pays.

De leur côté, les éleveurs peuls avaient rejeté mardi la responsabilité des attaques du week-end. La presse locale a publié de nombreux articles, mardi matin, suggérant que les éleveurs avaient reconnu avoir perpétré les récentes tueries dans l'État du Plateau, mais l'Association des éleveurs de bétail Miyetti-Allah du Nigeria (Macban) a déclaré plus tard dans la journée que ces déclarations n'étaient "rien d'autre que des mensonges".

Les services de sécurité locaux avaient affirmé que 86 personnes avaient été tuées dans six villages du Plateau samedi et dimanche, mais de nombreuses sources locales avaient avancé que les violences ont fait plus de 100 morts. La police avait déclaré que les violences de samedi dernier étaient perpétrées par des éleveurs peuls musulmans à l'encontre de la communauté chrétienne des agriculteurs berom.

Buhari s'est rendu à Jos

Des groupes de jeunes berom ont alors bloqué dimanche la grande route qui mène de Jos (État du Plateau) à la capitale fédérale Abuja, attaquant tous ceux qui avaient "l'air peuls ou musulmans", d'après des témoins.

La Macban, dans un communiqué, a affirmé que les milices civiles des Berom et d'un autre groupe, les Irigwe, ont attaqué des villages peuls ainsi que leur bétail, au cours des derniers mois, mais nient leur implication dans les récentes tueries.

Danladi Chiroma, le porte-parole de l'association, a comptabilisé environ 300 têtes de bétail massacrées ces dernières semaines et accuse ces milices d'être utilisées à des fins politiques, alors que le Nigeria se prépare pour des élections générales et présidentielle en février 2019.

Le président Muhammadu Buhari est arrivé mardi à Jos, la capitale du Plateau, pour des entretiens privés avec le gouverneur Simon Lalong.

Muhammadu Buhari, qui se présente à sa propre succession, est mis sous pression par ce conflit sanglant et a été accusé à de nombreuses reprises de ne pas mesurer l'ampleur de la crise. Il a été élu en 2015 sur la promesse de venir à bout de l'insurrection de Boko Haram, mais le reste du pays est en proie à de nombreuses violences depuis son arrivée au pouvoir.

Le conflit pour les terres dans ce pays de 180 millions d'habitants a pris une tournure ethnique, politique et religieuse. La région du Plateau, qui avait été relativement calme au cours des trois dernières années, est particulièrement explosive. Des policiers et des soldats ont déjà été déployés en renfort pour tenter de restaurer le calme.

Avec AFP

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