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Yémen : Paris organise une conférence humanitaire a minima

Manifestations de rebelles houtis à Sanaa, le 25 juin 2018.
Manifestations de rebelles houtis à Sanaa, le 25 juin 2018. Muhammed Huwais, AFP

La France organise une conférence destinée à trouver une issue au conflit au Yémen, pays qui connaît la pire crise humanitaire du monde. Mais le sommet se tiendra finalement en l'absence de ministres étrangers et d’ONG.

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La France organise, mercredi 27 juin, une conférence humanitaire sur le Yémen aux ambitions fortement réduites après le lancement d'une offensive militaire à Hodeïda. La conférence de Paris, dont le président Emmanuel Macron voulait faire un nouvel exemple de son activisme diplomatique, se tiendra finalement en l'absence de ministres étrangers et d’ONG, lesquelles dénoncent "l'ambiguïté" de Paris dans ce conflit.

Fruit d'une initiative franco-saoudienne - son principe en avait été décidé lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à Paris en avril -, la conférence devait initialement comporter un important volet politique, au niveau ministériel, avec une prise de parole du président français.

Le Yémen, où une coalition arabe dirigée par les Saoudiens intervient depuis mars 2015 au côté des forces gouvernementales face aux rebelles houthis pro-iraniens, connaît "la pire crise humanitaire du monde", avec des millions de personnes au bord de la famine, selon l'ONU.

>> À lire : "L'offensive sur Hodeïda, "l'un des pires bombardements que les habitants aient connu"

L'offensive lancée le 13 juin par les forces gouvernementales à Hodeïda, ville portuaire de 600 000 habitants contrôlée par les Houthis et principal point d'entrée de l'aide humanitaire au Yémen, est venue bousculer l'agenda de Paris. "Compte tenu des incertitudes qui demeurent sur l'offensive en cours, il ne nous a pas paru pertinent, sage de convoquer cette conférence à un niveau ministériel", concède une source diplomatique française.

Si elle n'a pas été purement et simplement annulée, la conférence a disparu de l'agenda du chef de l'État et du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, et ne sera pas ouverte aux médias. En raison de la "menace humanitaire", Paris a souhaité toutefois la maintenir au niveau des experts, souligne-t-on de même source.

Manque de "crédibilité"

Elle réunira des représentants d'États de la région (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Bahreïn, Égypte...), de pays donateurs (Allemagne, Suède, Pays-Bas, Suisse..), d'institutions internationales (FMI, Banque mondiale...) et d'agences onusiennes (HCR, Unicef, PNUD, OMS...). "Si des décisions sont mûres, une conférence ministérielle pourra les endosser ultérieurement", ajoute-t-on à Paris.

La France voudrait obtenir des Saoudiens et Émiratis un allègement des inspections draconiennes à l'entrée du port de Hodeïda ainsi qu'un accroissement du trafic aérien au départ de Sanaa afin de desserrer l'étau qui paralyse l'aide humanitaire.

Les ONG ont émis des doutes de leur côté sur la "crédibilité" d'un rendez-vous dont les Houthis seront les grands absents, co-organisé de surcroît par l'un des bélligérants, l'Arabie saoudite, qu'elles soupçonnent de violations "massives" du droit humanitaire au Yémen.

>> À voir dans le Débat : "Yémen, trois ans de chaos"

Les ONG reprochent aussi à la France de livrer des armes à Riyad et Abou Dhabi. Il est "plus que vraisemblable" que ce matériel soit utilisé au Yémen, a relevé Hélène Legeay, responsable de l'ONG chrétienne Acat.

Pour Jean-François Corty, de Médecins du Monde, il faut "absolument travailler à une résolution du conflit", au-delà de l'aspect humanitaire, et "la France a toute sa place dans le leadership à prendre sur cette dynamique de résolution de conflit parce qu'elle est impliquée dans ce qui se passe au Yémen".

Avec AFP

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