Mondial-2018: "Au revoir l'Allemagne", "on se voit à la plage", ironise la presse européenne

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Moscou (AFP)

Au lendemain de l'élimination surprise de l'Allemagne du Mondial-2018, la presse européenne navigue entre stupéfaction et ironie, et certains titres n'hésitent pas à établir un parallèle entre l'élimination de la Mannschaft et la situation politique du pays.

En raison de l'antagonisme historique entre les deux peuples, le Royaume-Uni est évidemment l'un des plus mordants.

"Ce n'est pas un noble sentiment mais, mon dieu comme cela fait du bien!" s'exclame le journaliste Richard Littlejohn, dans les colonnes du Daily Mail. Comme The Sun, le Mail a choisi une expression allemande pour sa Une: "GOTT IN HIMMEL!" ("OH MON DIEU!").

"Schadenfreude : Fait de se réjouir du malheur des autres", raille pour sa part le quotidien The Sun en Une.

Dans on style inimitable, le tabloïd a affiché en grand un classement du groupe F avec l'Allemagne à la dernière place, avec des pointillés pour découper tout autour: "A découper et conserver pour quand vous vous sentez mal".

The Times souligne: "arrogante, misérable, divisée: l'Allemagne est sortie". En pages intérieures, on peut lire que l'élimination "reflète une préparation désastreuse, une présomption arrogante de succès et un esprit d'équipe atroce au camp de base". Et le journal note que pour la première fois depuis 1966, l'année du titre anglais, l'Angleterre va faire mieux que l'Allemagne...

Le ton est plus léger et estival en Italie.

"On se voit à la plage": le titre barre la Une du Corriere della Sera, référence à l'absence de la Squadra Azzurra à la Coupe du monde. "Elle est justement sortie du Mondial au premier tour et, comme nous, en vacances".

Toujours sur le ton ironique, Mundo Deportivo, quotidien sportif espagnol, ose un "Kaputt historique" avec un cliché de Thomas Müller et Manuel Neuer en détresse.

Mais au-delà de l'aspect purement football, les journaux se lancent dans un parallèle avec les problèmes politiques qui touchent le pays.

"On découvre aujourd'hui une Allemagne sur la même marche que la nôtre. Il faut nous habituer aux retournements des traditions, des habitudes. Le modèle allemand se réveille à l'improviste avec les yeux cernés et la migraine: prétention, ventre plein, tensions internes, problèmes politiques", écrit le Corriere della Sera en Italie.

En Italie, La Repubblica puise encore plus loin dans les références historiques:

"L'Allemagne n'était jamais sortie au premier tour, si ce n'est en 1938, quand il y avait 16 équipes et qu'on commençait aux 8es. Nous sommes donc au point le plus bas, ou plutôt le plus dramatique de 80 ans d'histoire, l'histoire d'un sport qui se joue à onze et où ce sont les Allemands gagnent à la fin."

La prophétie de Gary Lineker, aujourd'hui consultant sportif de la BBC, nécessitait un léger amendement et l'ex-attaquant anglais se plie volontiers à l'exercice.

"Le football est un jeu simple. Vingt-deux types courent après le ballon pendant 90 minutes et à la fin les Allemands ne gagnent plus toujours", a-t-il sobrement réécrit mercredi dans un clin d'oeil avant d'être retweeté près de 30.000 fois.