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À Paris, une Marche des fiertés sous le signe des controverses

La Marche des fiertés, le 24 juin 2017 à Paris.
La Marche des fiertés, le 24 juin 2017 à Paris. Jacques Demarthon, AFP

La Marche des fiertés met samedi l'accent sur les discriminations homophobes dans le sport. Ce rassemblement a lieu cependant sur fond de bisbilles entre les organisateurs et des associations qui dénoncent une "entreprise de dépolitisation".

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Comme chaque année, la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) a lieu à Paris. Cette année, cet événement organisé samedi 30 juin, a pour thème les discriminations dans le monde du sport.

Au moment où la Coupe du monde de football bat son plein en Russie, 87 groupes, aidés par 300 bénévoles et 40 secouristes, y dénonceront notamment "les chants homophobes dans les stades", "les traitements ou mutilations que subissent des athlètes féminines", "l'impossibilité d'évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors", a expliqué Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole de l'Inter-LGBT. "L'homophobie dans le sport est représentative de ce qui se passe dans la société", a-t-elle ajouté.

Certaines associations ont toutefois déploré que le thème ne soit pas porté sur la PMA (Procréation médicalement assistée), dont l'ouverture aux femmes célibataires et homosexuelles a été longuement débattue ces derniers mois. SOS Homophobie a ainsi annoncé qu'elle marcherait, elle, derrière le slogan "PMA, l'égalité n'attend pas !", pour "demander au gouvernement et à la majorité d'ouvrir au plus vite le débat au Parlement".

"N'oublions pas les pays qui persécutent"

Interrogé sur l'antenne de France 24, Alexandre Marcel, président du comité Idaho France, une ONG qui organise des actions contre l'homophobie, a aussi insisté sur le fait qu'il ne fallait pas oublier les discriminations un peu partout dans le monde. "Cette année, la Marche des fiertés met l'accent sur le sport, mais n'oublions pas les pays qui persécutent le simple fait d'aimer entre adultes consentants. Cela représente plus de 75 pays sur la planète", a-t-il affirmé.

"Nous en profitons pour parler du cas de Sabri, condamné à huit mois de prison ferme en Tunisie pour homosexualité. Nous avons réussi à le faire sortir avant l’exécution de sa peine et l'Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDRL] vient de refuser sa demande d'asile. Nous ne comprenons pas comment une personne suivie par l'un de nos partenaires, le Refuge, avec un dossier complet ait pu être se voir refuser sa demande d’asile", a-t-il également décrit.

>> À lire aussi : "Africains et homosexuels : l'exil pour seul horizon"

Plusieurs collectifs appellent, eux, sur Facebook à former un cortège de tête pour dénoncer une "entreprise de dépolitisation" du mouvement LGBT et protester contre un mot d'ordre "surréaliste".

De son côté, Act Up, qui fêtait l'an dernier ses 25 ans, s'est émue d'être "reléguée à l'avant-dernière place du cortège", après des sponsors comme Mastercard et Tinder, qui ont tous les deux une place en milieu de cortège.

"Les associations historiques de lutte contre le sida, pleinement mobilisées pour défendre toutes les communautés frappées par l'épidémie, se retrouvent reléguées derrière l'ensemble des sponsors", écrit l'association dans un communiqué. "Les questions de santé sont primordiales, il y a des messages de prévention, et trois minutes de silence en hommage aux morts", s'est défendue Clémence Zamora-Cruz, pour qui "on ne peut pas nous dire que le sujet du sida n'est pas abordé".

La persistance des agressions homophobes

Les associations de défense de la cause LGBT continuent par ailleurs de s'inquiéter de la persistance des agressions homophobes. Selon une étude de l'Ifop présentée mercredi, plus de la moitié (53 %) des personnes se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transgenre ont déjà été victimes d'une agression homophobe.

Un drapeau arc-en-ciel pavoisant l'Assemblée nationale à l'occasion de la Marche des fiertés a par ailleurs été déchiré en fin de soirée vendredi et un individu a été interpellé. L'auteur, arrêté rapidement par la Garde républicaine assurant la sécurité du Palais Bourbon, s'est revendiqué "militant d'extrême droite et anti-LGBT", selon la présidence.

Plusieurs carrefours du quartier du Marais, où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays de Paris, ont également été ornés aux couleurs multicolores LGBT. L'un d'entre eux a été dégradé et recouvert d'insultes homophobes en début de semaine.

Avec AFP

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