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Découvertes

YouTube reconnaît enfin avoir mal géré des problématiques LGBT et s'excuse

© uppercaseCHASE1 / YouTube

Texte par Perrine SIGNORET

Dernière modification : 02/07/2018

YouTube a toujours assuré ne pas cibler volontairement les contenus LGBT. Certains et certaines en doutent.

YouTube aura attendu la fin du "Mois des fiertés" pour réagir. La plateforme de partage de vidéos, accusée à plusieurs reprises de discriminer des vidéastes de la communauté LGBT, a finalement présenté ses excuses dans une série de tweets publiée le samedi 30 juin.

Ce n'est pas la première fois qu'elle est montrée du doigt : en mars 2017, elle avait déjà été vivement critiquée pour avoir effacé de nombreux contenus sur l'homosexualité ou la transexualité de son "mode restreint", normalement utilisé pour filtrer les contenus choquants pour les enfants.

VOIR AUSSI : On ne te félicite pas YouTube, la communauté LGBT n'avait pas besoin de ton "mode restreint"

"Nous sommes fiers des incroyables voix LGBTQ qui s'expriment sur notre plateforme et du rôle important que vous jouez dans la vie des jeunes personnes", a remarqué YouTube, avant d'ajouter : "Mais nous avons aussi rencontré des problèmes".

Des publicités anti-LGBT avant les vidéos

Parmi ces "problèmes", le site évoque les publicités "inapropriées" qui pouvaient apparaître avant certains contenus. Plusieurs vidéastes l'avaient remarqué début juin. Sam Collins, un jeune youtubeur transgenre, expliquait avoir vu avant une vidéo une publicité qui recommandait de "dire non" à certaines "tentations sexuelles". L'homme figurant sur l'annonce racontait ensuite que la Bible ne validait pas "les relations abusives et la pédérastie homosexuelle".

YouTube s'est aussi excusée pour avoir mal géré les inquiétudes autour de la monétisation des vidéos. Là encore, ce sont des youtubeurs qui ont mis le doigt sur des dysfonctionnements de la modération de la plateforme, qui s'effectue grâce à des systèmes automatisés et des équipes humaines. Perfigouine, une vidéaste "lesbienne du lol", regrettait que les vidéos "beaucoup moins sexualisées que n'importe clip de star" soient visées. "Stop à l'hypocrisie : quand vous censurer les termes 'LGBT' vous privez des jeunes d'une thématique sociologique et d'une éducation basée sur la tolérance", remarquait-elle.

Kalvin Garrah, lui, allait plus loin, accusant YouTube d'être "transphobe". "Arrêtez de dire que vous êtes les alliés des LGBT+ si vous démonétisez des contenus non explicites qui parlent LITTÉRALEMENT de chirurgie de réassignation sexuelle dans le but d'éduquer de jeunes personnes transexuelles", s'énervait-il.

Des sujets "matures" ?

YouTube, qui dit avoir "entendu" la communauté LGBT, ne précise pas quelles mesures elle prendra. Elle s'est uniquement contentée de dire qu'elle avait "mené des actions" contre les publicités qui posaient problème.

L'entreprise s'est toujours défendue de discriminer les contenus LGBT. Dans ses règles de monétisation, durcies en réponse à des polémiques comme la présence de publicités de grandes marques avant des contenus d'apologie au terrorisme (et des boycotts des annonceurs), rien n'interdit a priori de mettre des publicités dessus. Mais beaucoup reprochent à YouTube de ne pas être suffisamment claire sur certains points.

Par exemple, elle indique que les vidéos parlant de "sujets controversés" ne sont pas adaptées à toutes les publicités. Or ce terme n'est pas clairement défini. YouTube, de manière générale, se cache souvent derrière le fait qu'elle puisse cibler des contenus "plus matures" ou "plus adultes", sans expliquer pourquoi ces sujets semblent poser problème surtout lorsqu'ils évoquent des questions LGBT.

UppercaseCHASE1", un créateur anglophone qui évoque régulièrement sa transexualité, a voulu faire un test. Sur sa chaîne, il a posté la même vidéo quatre fois, sans puis avec une photo de miniature. Les deux premières avaient pour titre "Cinq ans", la troisième "Cinq ans après l'opération, une comparaison faite avec émotion". La quatrième reprenait ce dernier titre, mais en ajoutant les termes "FTM" "("de femme à homme" en français) et "transgenre". Seule la quatrième a immédiatement été démonétisée par YouTube, et jugée "non conforme pour de nombreux annonceurs". Pour être sûr qu'il ne s'agissait pas d'un simple hasard, Chase a fait un second test. Au final, même constat : dès lors que ses vidéos contenaient en titre l'abréviation "trans", elles étaient automatiquement démonétisées.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 02/07/2018