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Union européenne : l'immigration au cœur de la présidence tournante de l'Autriche

Le président du Conseil européen Donald Tusk entouré du chancellier autrichien Sebastian Kurz et du Premier ministre bulgare Boyko Borisov à Schladming, en Autriche, le 30 juin.
Le président du Conseil européen Donald Tusk entouré du chancellier autrichien Sebastian Kurz et du Premier ministre bulgare Boyko Borisov à Schladming, en Autriche, le 30 juin. Barbara Gindl, AFP

Arrivé au pouvoir il y a six mois, le chancelier autrichien Sebastian Kurz, allié à l'extrême droite, n'en espérait pas tant : son pays prend la présidence tournante de l'Union européenne à l'heure où la question des migrants divise les pays membres.

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C'est un sujet que Sebastian Kurz maîtrise sur le bout des doigts : les migrants. Et le chancelier autrichien de 31 ans compte bien en faire la priorité de son mandat à la tête de la présidence tournante de l'Union européenne (UE), qui a débuté dimanche 1er juillet.

Le timing semble parfait pour le dirigeant conservateur allié à l'extrême droite (FPÖ), qui veut profiter du durcissement des gouvernements européens sur l'accueil des demandeurs d'asile pour arbitrer sur la politique migratoire européenne. Si le chancelier autrichien divise, "il est dans l'air du temps", explique à l'AFP Patrick Moreau, chercheur au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste de l'Autriche.

Artisan de la fermeture de la route des Balkans

Sebastian Kurz se targue d'être l'un des principaux artisans de la fermeture de la "Route des Balkans" en 2016, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères. Il a construit son ascension et cimenté son alliance avec le FPÖ sur la promesse d'une politique migratoire sans concession.

"Sa critique du choix d'Angela Merkel d'ouvrir temporairement les frontières en 2015 est partagée de plus en plus largement", de même que son "europhilie critique" : Sebastian Kurz souligne son attachement à l'UE, à condition qu'elle accorde plus de souveraineté aux États. Une vision conforme à celle du FPÖ et des extrêmes droites européennes qui ont pour la plupart remisé leurs desseins de sortie de l'Union.

"Que ce soit en manager d'une crise des réfugiés, en porteur des espoirs de la droite ou en fin tacticien, la présidence autrichienne de l'UE offre au chancelier la possibilité de se mettre en avant", renchérit le journal centriste autrichien Kurier.

Pour l'Autriche et ses 8,7 millions d'habitants, le climat politique est aux antipodes de celui qui prévalait en 2000, lorsque la droite conservatrice de l'ÖVP avait, une première fois, fait alliance avec l'extrême droite de Jörg Haider. La coalition avait été la cible d'une réprobation internationale et l'UE avait maintenu durant plusieurs mois des sanctions contre Vienne. Dix-huit ans après, dans un contexte où les droites identitaires ont le vent en poupe, "Kurz est une figure reconnue sur la scène internationale et les Autrichiens en sont fiers", analyse Patrick Moreau.

"Rock star"

Le nouvel ambassadeur américain à Berlin a qualifié le chancelier de "rock star", tandis que les frondeurs du parti bavarois CSU, qui exigent d'Angela Merkel une politique de l'asile moins généreuse, affichent "leur communauté d'esprit" avec Vienne.

Lorsque le parti d'extrême droite du vice-chancelier Heinz Christian Strache s'est trouvé confronté, dès les premières semaines du nouvel exécutif, à une série de révélations embarrassantes sur la culture néonazie enracinée dans les cercles proches du FPÖ, aucun vent d'indignation n'a soufflé de la chancellerie.

Le profil lisse de Sebastian Kurz, sa pondération en toute circonstance, alimentent un procès en "opportunisme" au détriment des valeurs. Comme lorsqu'il se rend à Budapest au lendemain de l'adoption au Parlement hongrois d'une loi très controversée sanctionnant l'aide apporté aux migrants par les ONG. Face au dirigeant national-conservateur Viktor Orban, il n'en dira pas un mot, préférant afficher son ambition de "bâtisseur de ponts" avec les pays d'Europe centrale.

Avec AFP

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