Accéder au contenu principal

Proxénétisme en Île-de-France : 12 hommes condamnés jusqu'à trois ans et demi de prison

Image d'illustration.
Image d'illustration. Loïc Venance,

Douze hommes ont été condamnés, mardi, à des peines allant du sursis à la prison ferme pour proxénétisme aggravé concernant une vingtaine de jeunes filles, pour la plupart mineures, aux quatre coins de l'Ile-de-France entre 2015 et 2016.

Publicité

Ils avaient prostitué une vingtaine de jeunes filles, pour la plupart mineures, aux quatre coins de l'Ile-de-France en 2015 et 2016 : douze hommes ont été condamnés, mardi 3 juillet, à Paris, à des peines allant de six mois avec sursis à trois ans et demi de prison ferme.

Âgés de 22 et 23 ans pour la majorité d'entre eux, ils étaient jugés depuis le 25 juin à Paris pour "proxénétisme aggravé". Ils encouraient dix ans de prison. Lundi, le parquet avait requis des peines allant de 8 mois à 7 ans de prison ferme à leur encontre.

Les filles étaient recrutées sur Facebook, Instagram, Snapchat, dans des bars ou même dans la rue.

Le tribunal a condamné Stéphane Kessié, décrit comme "le meneur" par le procureur Barthélémy Hennuyer, à 4 ans de prison dont 1 an accompagné d'un sursis avec mise à l'épreuve (SME) pendant 2 ans. Cet homme, qui est en détention provisoire, avait "des lieutenants, des sous-lieutenants. (...) Il est sur toute la chaîne", selon le procureur, qui avait requis 7 ans de prison ferme contre lui.

Mohamed-Junior Kanté a été condamné à la même peine à laquelle s'est ajoutée la révocation partielle d'un sursis à hauteur de 6 mois, ce qui porte sa condamnation à un total de trois ans et demi de prison ferme et un an de sursis SME pendant 2 ans. Il était en récidive, car il a déjà été condamné pour proxénétisme aggravé en 2016. C'était "un homme obsédé par le rendement", a dit le procureur.

Une peine de 4 ans, dont un an avec SME pendant 2 ans, a également été prononcée contre Elie Malo, "le troisième grand personnage de cette affaire", comme l'a qualifié le parquet. Un mandat de dépôt a été prononcé à son encontre. La mise à l'épreuve des trois principaux condamnés consistera notamment à travailler ou à rechercher un emploi et à indemniser leurs victimes.

Des condamnations à plus de 45 000 euros ont par ailleurs été prononcées en faveur des parties civiles : des associations luttant contre le proxénétisme et la prostitution des enfants et deux des victimes au titre du préjudice moral.

Le "fléau" du "proxénétisme des cités"

Candy, Jaëlle, Souad, Nina... Au total, 24 victimes ont été identifiées par les enquêteurs, dont 17 mineures, la plus jeune ayant 14 ans. Elles ont cependant été les grandes absentes de ce procès, aucune n'étant venue témoigner.

Elles avaient "dénoncé les faits du bout des lèvres", a déploré dans sa plaidoirie Jennifer Madar, avocate des deux victimes parties civiles. "Il est difficile de dénoncer des faits dont on a honte", a-t-elle tenté d'expliquer. Toutes les victimes étaient, au moins dans un premier temps, consentantes. "Mais quand on a 15, 16, 17 ans, c'est quoi le consentement ?", a interrogé le procureur. "Elles n'avaient aucune idée du piège qui se refermait sur elles".

"Un des points communs entre ces jeunes filles, c'est qu'elles sont en détresse. Elles sont en rupture, parfois en fugue", a expliqué la présidente au début du procès.

Ce procès était, selon le procureur, celui d'un "fléau", le "proxénétisme des cités".

Mi-juin, la procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault avait alerté sur ce phénomène, lié selon elle "à la fois à une avidité pour l'argent et une banalisation à l'extrême de l'acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie".

Ce procès a aidé à dessiner les contours d'un réseau, où chacun avait son ou ses rôles. Un homme sous-louait son logement pour la prostitution, un autre, surnommé "l'informaticien", rédigeait et envoyait les petites annonces, certains cherchaient des appartements pour les prostituées et leurs clients. D'autres livraient aux filles la nourriture, les préservatifs et les lubrifiants. D'autres encore les amenaient à leurs rendez-vous, leur achetaient des sous-vêtements...

Au dernier jour du procès, la plupart d'entre eux ont présenté leurs excuses aux victimes et à leur famille.

 

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.